Lutter contre la sédentarité au travail : un enjeu majeur pour la santé et la performance des entreprises
La sédentarité au travail est devenue un enjeu central dans nos organisations modernes. Les collaborateurs passent en effet une grande partie de leur journée assis, souvent devant un écran. En France, les adultes restent en moyenne sept heures par jour en position assise, et 37 % d’entre eux dépassent les huit heures quotidiennes¹. Cette réalité, largement liée à l’évolution des métiers et à la tertiarisation de l’économie, a des répercussions importantes sur la santé, le bien-être et la performance au travail.
Des risques concrets pour la santé des salariés
La sédentarité se définit comme une situation d’éveil en position assise ou allongée, indépendamment de toute pratique sportive¹. Ce point est essentiel : pratiquer une activité physique en dehors du travail ne suffit pas toujours à compenser une journée entière passée assis.
D’un point de vue physiologique, le temps prolongé en position assise augmente les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’obésité, mais aussi de certains cancers¹². À cela s’ajoutent les troubles musculo-squelettiques : douleurs lombaires, raideurs cervicales, tensions dans les épaules ou les poignets. La posture assise prolongée ralentit la circulation sanguine, sollicite insuffisamment la musculature et peut entraîner, à terme, une perte de mobilité².
Au-delà des effets physiques, la sédentarité a également des conséquences sur la santé mentale. Elle est associée à une augmentation de la fatigue, à une baisse de la vigilance et parfois à un sentiment d’isolement, notamment lorsque les échanges se font principalement à distance. Ces facteurs peuvent, dans la durée, fragiliser la motivation, la qualité de vie au travail et la dynamique collective.
Pourquoi les entreprises sont-elles directement concernées ?
Le travail représente aujourd’hui la première source de sédentarité, en particulier dans le secteur tertiaire, où exerce une très large majorité de salariés³. L’INRS rappelle d’ailleurs que la prévention des postures assises prolongées doit être intégrée à la démarche globale de prévention des risques et figurer dans le **Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP)**².
Il s’agit donc d’un enjeu à la fois humain, légal et stratégique : protéger la santé des collaborateurs, soutenir leur engagement et prévenir les risques professionnels.
Une recommandation phare : interrompre régulièrement le temps assis
Les autorités sanitaires recommandent désormais de rompre la sédentarité toutes les trente minutes, en marchant environ cinq minutes à une intensité faible à modérée (entre 3 et 6 km/h)¹. Ces micro-pauses, loin d’être une perte de temps, contribuent à améliorer la vigilance et la concentration, à réduire la fatigue et à limiter l’apparition de douleurs.
Elles constituent donc un levier concret de performance durable.
Créer des environnements de travail plus actifs
La prévention de la sédentarité passe d’abord par un aménagement ergonomique des postes de travail. Les bureaux réglables en hauteur, les sièges ajustables ou les périphériques adaptés permettent aux salariés d’alterner plus facilement les postures. Le mobilier actif est aujourd’hui reconnu comme l’une des mesures les plus efficaces pour réduire le temps passé assis⁴.
Au-delà de l’équipement, l’organisation de l’espace joue également un rôle clé. Le fait d’encourager les déplacements courts, de prévoir des zones de pause actives ou simplement de positionner certains équipements à distance raisonnable contribue déjà à remettre du mouvement dans la journée.
Installer progressivement de nouvelles habitudes
L’évolution des pratiques repose aussi sur la sensibilisation et l’accompagnement. Former les équipes à l’ergonomie, expliquer les enjeux et légitimer les pauses actives permet de faire évoluer les représentations : il ne s’agit pas de « moins travailler », mais de travailler autrement.
Certaines entreprises mettent en place des rappels d’activité via des applications, des ateliers bien-être ou des temps d’échanges autour des postures de travail. L’essentiel est de favoriser une démarche collective et progressive.
Un levier de performance durable
La prévention de la sédentarité contribue à réduire l’absentéisme, à prévenir les troubles musculo-squelettiques et à renforcer la vigilance au travail. Elle participe également à l’amélioration de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail, à la fidélisation des collaborateurs et à l’attractivité des organisations.
La prévention n’est plus seulement un enjeu de conformité : elle devient un véritable facteur de performance durable.
Comment Preventech Consulting accompagne les entreprises
Preventech Consulting accompagne les organisations dans la prévention des risques professionnels et la promotion de la QVCT. Nos équipes pluridisciplinaires interviennent à la fois sur l’évaluation des risques, la sensibilisation des collaborateurs, l’accompagnement managérial et le conseil en aménagement des espaces avec une équipe d’experts pluridisciplinaires.
Notre approche repose sur des solutions pragmatiques, adaptées aux réalités des métiers et inscrites dans la durée, afin de faire évoluer les pratiques sans perturber l’efficacité opérationnelle.
Conclusion : vers des environnements de travail plus dynamiques
Prévenir la sédentarité au travail, c’est protéger la santé des collaborateurs, renforcer leur engagement et créer des organisations plus durables. Employeurs et salariés partagent ici une responsabilité commune : faire évoluer les habitudes pour réintroduire du mouvement dans la journée de travail et construire un environnement professionnel à la fois plus sain et plus performant.
Sources
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ANSES (2022) — Avis relatif à l’évolution des repères d’activité physique et de sédentarité
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INRS (2023) — ED 6483 — Sédentarité et travail
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DARES (2023) — Emploi tertiaire et conditions de travail
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Santé publique France (2023) — Sédentarité et comportements sédentaires
