Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) et l’usure professionnelle nécessite souvent d’agir directement sur les situations de travail : manutentions, équipements, gestes, postures, organisation ou encore aménagement des postes.
Ces démarches représentent un investissement pour l’entreprise. Mais elles peuvent bénéficier d’un accompagnement financier conséquent.
En 2026, l’Assurance Maladie – Risques professionnels poursuit le déploiement de la Subvention Prévention des risques ergonomiques, financée dans le cadre du Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (FIPU).
Ce dispositif vise trois facteurs de risques ergonomiques :
- les manutentions manuelles de charges ;
- les postures pénibles ;
- les vibrations mécaniques.
Pour connaître l’ensemble du dispositif, des conditions d’éligibilité et des dépenses prises en charge, consultez la présentation officielle de la Subvention Prévention des risques ergonomiques publiée par l’Assurance Maladie – Risques professionnels.
Un dispositif désormais largement mobilisé par les entreprises
Lancé en mars 2024, le dispositif a rapidement trouvé son public.
Selon le bilan publié par l’Assurance Maladie le 27 mai 2026, 21 745 aides ont été versées aux entreprises en 2025, pour un montant total de 138 millions d’euros.
La branche AT/MP précise que cette seule subvention a concerné trois fois plus d’entreprises que les dispositifs de subventions habituellement versés aux entreprises du régime général.
Pour retrouver le bilan complet : Bilan 2025 de la Subvention Prévention des risques ergonomiques.
Jusqu’à 70 % des investissements pris en charge
La subvention peut financer 70 % des investissements éligibles, dans la limite des plafonds prévus pour la période 2024-2027.
Pour les actions de prévention, les actions de sensibilisation et les aménagements de poste, le plafond peut atteindre 25 000 € par type d’investissement.
Le plafond global applicable sur la période 2024-2027 est fixé à :
- 75 000 € pour les entreprises de moins de 200 salariés ;
- 25 000 € pour les entreprises de 200 salariés et plus.
Depuis le 1er janvier 2026, le montant minimal de subvention est par ailleurs fixé à 500 €, correspondant à un investissement minimum de 715 € HT.
Certaines entreprises relevant d’une branche disposant d’un accord étendu relatif à la prévention des facteurs de risques ergonomiques peuvent bénéficier de conditions de financement plus favorables.
Quelles actions peuvent être financées ?
La subvention ne concerne pas uniquement l’achat de matériel.
Plusieurs catégories d’investissements peuvent être soutenues :
- les diagnostics ergonomiques ;
- les formations à la prévention des risques ergonomiques et des TMS ;
- certains équipements répondant au cahier des charges de l’Assurance Maladie ;
- les actions de sensibilisation ;
- les aménagements de postes dans le cadre de la prévention de la désinsertion professionnelle ;
- certains frais de personnel dédiés à la prévention.
- Diagnostics pénibilités
Le diagnostic ergonomique : analyser avant d’agir
Avant d’investir dans de nouveaux équipements, il est souvent pertinent de commencer par analyser les situations de travail.
Le diagnostic ergonomique permet d’identifier les facteurs de risques présents et leurs déterminants afin de construire un plan d’actions permettant de réduire ou d’éliminer les contraintes identifiées.
Il peut notamment s’appuyer sur l’observation du travail réel, l’analyse des postes, les échanges avec les salariés et l’étude des contraintes physiques et organisationnelles.
Dans le cadre de la subvention, le diagnostic doit respecter plusieurs exigences, notamment concernant le choix du prestataire. L’Assurance Maladie précise qu’il doit être réalisé par une personne compétente au sein d’un organisme référencé.
Pour rappel, Preventech Consulting réalise des diagnostics ergonomiques via son Hub Santé & Sécurité au travail, et nous mettons a disposition notre équipe d’ergonomes, afin d’aider les entreprises à objectiver leurs risques et à identifier les actions de prévention les plus adaptées à leurs situations de travail.
Les critères sont détaillés sur la page officielle : Financement d’un diagnostic ergonomique.
Des équipements éligibles qui évoluent en 2026
Autre actualité importante : la liste des équipements pouvant être financés a évolué en cours d’année 2026.
Depuis le 1er juin 2026, trois nouveaux types de matériels peuvent notamment être pris en charge, sous réserve du respect du cahier des charges :
- les chariots à assistance électrique destinés à l’hôtellerie et au secteur médico-social ;
- les chaises et fauteuils de douche motorisés ;
- les meubles bas réfrigérés destinés aux métiers de bouche.
À l’inverse, depuis le 17 juillet 2026, les roues motorisées et certaines vitrines destinées aux métiers de bouche ne font plus partie des équipements éligibles, sous réserve des dispositions transitoires prévues pour les investissements déjà engagés.
La liste étant susceptible d’évoluer, il est essentiel de vérifier l’éligibilité du matériel avant tout investissement.
Consultez la mise à jour officielle des équipements financés publiée le 21 juillet 2026.
Un DUERP récent est indispensable
La prévention et l’accès aux financements sont directement liés.
Pour bénéficier de la Subvention Prévention des risques ergonomiques, l’entreprise doit notamment :
- relever du régime général de la Sécurité sociale ;
- être à jour de ses cotisations auprès de l’Urssaf ;
- avoir réalisé ou actualisé son DUERP depuis moins d’un an ;
- adhérer ou disposer d’un service de prévention et de santé au travail ;
- avoir informé les représentants du personnel des mesures envisagées ;
- ne pas faire l’objet de certaines procédures ou mesures incompatibles avec le dispositif.
Depuis 2026, l’entreprise doit également veiller à ne pas dépasser le plafond de 300 000 € d’aides publiques sur trois années glissantes, conformément à la règle européenne dite « de minimis ».
Cette condition crée un lien direct avec les obligations de prévention : maintenir son DUERP à jour ne relève pas seulement de la conformité réglementaire, cela peut également conditionner l’accès à certains financements.
Comment demander la subvention ?
Pour les entreprises, les demandes sont réalisées en ligne depuis le compte entreprise sur Net-entreprises, dans la rubrique « Votre entreprise > Demander une subvention ».
L’entreprise doit notamment transmettre les factures acquittées correspondant aux investissements réalisés au cours de l’année ainsi que les justificatifs permettant de vérifier les critères administratifs et techniques.
Une FAQ officielle sur la Subvention Prévention des risques ergonomiques répond également aux principales questions concernant les conditions d’éligibilité, les factures, les délais et la constitution du dossier.
Ne pas attendre la fin de l’année pour déposer son dossier
Point de vigilance : le budget consacré à la subvention est limité.
L’Assurance Maladie applique une règle tenant compte de l’ordre chronologique d’arrivée des demandes et recommande de transmettre le dossier rapidement après la réalisation de l’investissement.
Pour les entreprises qui prévoient des investissements en ergonomie au second semestre 2026, la rentrée constitue donc une période pertinente pour faire le point sur les projets envisagés et leur éventuelle éligibilité.
Faire de l’ergonomie un investissement de prévention
L’ergonomie ne consiste pas uniquement à corriger un poste devenu problématique.
Une démarche structurée permet d’agir en amont sur les contraintes physiques et organisationnelles, de prévenir les TMS, de limiter l’usure professionnelle et de favoriser le maintien dans l’emploi.
Le dispositif de financement proposé par l’Assurance Maladie offre ainsi aux entreprises une opportunité d’accélérer leurs actions tout en structurant leur politique de prévention.
Diagnostic, analyse du travail réel, préconisations, accompagnement dans le choix des solutions : Preventech Consulting accompagne les entreprises dans la construction et le déploiement de leurs démarches ergonomiques.
L’enjeu : ne pas partir d’une solution toute faite, mais identifier les déterminants du risque pour investir là où l’action sera réellement efficace.
Sources officielles principales
Assurance Maladie – Risques professionnels
- Subvention Prévention des risques ergonomiques : présentation générale et conditions d’éligibilité
- Subvention Prévention des risques ergonomiques : financement du diagnostic
- Évolution de la liste des équipements financés – 21 juillet 2026
- FAQ officielle de la Subvention Prévention des risques ergonomiques
- Bilan 2025 de la Subvention Prévention des risques ergonomiques – 27 mai 2026
