Un enjeu humain, managérial et organisationnel majeur
Le suicide demeure l’une des premières causes de mortalité évitable en France. Au-delà du drame humain qu’il représente pour les personnes concernées et leurs proches, il constitue également un enjeu majeur pour les organisations. Le travail peut, dans certains contextes, agir comme un facteur aggravant de la détresse psychologique : surcharge, épuisement professionnel, conflits de valeurs, isolement, perte de sens ou encore défaut de reconnaissance.
Selon l’Observatoire national du suicide, plus de 9 000 décès par suicide sont recensés chaque année en France. Les milieux professionnels ne sont pas épargnés, certains secteurs – notamment la santé, l’agriculture ou les métiers fortement exposés à des contraintes organisationnelles – présentant un risque supérieur à celui de la population générale. L’INRS souligne ainsi que le risque suicidaire peut être accru jusqu’à 20 % dans certains environnements de travail.
Face à ces constats, les entreprises ne peuvent plus considérer le risque suicidaire comme un sujet périphérique ou relevant uniquement de la sphère privée. Il s’inscrit pleinement dans les obligations de prévention, de protection de la santé mentale et de responsabilité sociale des employeurs.
Comprendre le risque suicidaire pour mieux le prévenir
La prévention efficace du risque suicidaire repose avant tout sur une compréhension fine de ses mécanismes. Le passage à l’acte résulte rarement d’un facteur unique : il s’agit le plus souvent d’une interaction complexe entre des facteurs individuels, professionnels et contextuels.
Parmi les facteurs de risque fréquemment observés en milieu professionnel figurent notamment : – le stress chronique et l’épuisement professionnel, – les situations de harcèlement ou de conflits non régulés, – l’isolement social et organisationnel, – les changements organisationnels mal accompagnés, – les situations personnelles fragilisantes, lorsqu’elles ne trouvent aucun relais de soutien au travail.
À l’inverse, certains facteurs de protection jouent un rôle déterminant : qualité du management, climat de confiance, possibilité de parler des difficultés, accès à des ressources de soutien psychologique, clarté des procédures internes et réactivité de l’organisation face aux signaux faibles.
Le rôle clé des managers et des RH face aux situations sensibles
Les managers et les professionnels RH occupent une position stratégique dans la prévention du risque suicidaire. Ils sont souvent en première ligne pour repérer les signaux d’alerte : changements de comportement, repli sur soi, discours pessimiste, désengagement soudain, irritabilité inhabituelle ou expressions répétées de mal-être.
Encore faut-il être formé pour : – identifier ces signaux sans surinterprétation, – adopter une posture d’écoute adaptée, – mener un entretien de soutien dans un cadre sécurisé, – orienter la personne vers les bons interlocuteurs, – agir dans le respect du cadre juridique et de la confidentialité.
Sans formation ni procédures claires, les managers peuvent se sentir démunis, voire paralysés, par crainte de mal faire ou de s’exposer à un risque juridique. D’où l’importance de professionnaliser les pratiques et de structurer des dispositifs internes robustes.
L’approche Preventech Consulting : prévention, structuration et accompagnement
Chez Preventech Consulting, nous défendons une approche globale et opérationnelle de la prévention du risque suicidaire en entreprise. Notre accompagnement s’inscrit dans une logique de santé mentale durable, articulant prévention primaire, secondaire et tertiaire.
Une formation dédiée à la prévention du risque suicidaire
Nous avons conçu une Formation à la prévention du risque suicidaire spécifiquement adaptée aux enjeux des entreprises et des organisations publiques. Elle repose sur deux piliers complémentaires :
- Un socle théorique et pratique – compréhension des aspects psychologiques du risque suicidaire, – identification des facteurs de risque et de protection, – repérage des signaux faibles et des situations à risque, – conduite d’entretien et posture d’écoute face à une personne en détresse.
- Un volet juridique et RH – rappel des obligations légales de l’employeur en matière de santé et de sécurité, – articulation avec le DUERP et la prévention des RPS, – rôle et responsabilités des managers, RH et représentants du personnel, – structuration de procédures internes : prévention, détection, prise en charge des situations sensibles et gestion de crise le cas échéant.
Cette approche permet de sécuriser les pratiques, d’harmoniser les réponses internes et de renforcer la capacité collective à faire face à des situations humaines complexes.
Ce que dit la loi : obligations de l’employeur face au risque suicidaire
En France, la prévention du risque suicidaire en entreprise s’inscrit pleinement dans le cadre des obligations légales de l’employeur en matière de santé et de sécurité au travail.
Conformément à l’article L.4121-1 du Code du travail, l’employeur a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation est une obligation de prévention, qui implique d’anticiper les risques et d’agir en amont, y compris lorsqu’il s’agit de risques psychosociaux et de situations de détresse psychologique.
Cette obligation se traduit notamment par : – l’évaluation des risques professionnels, incluant les risques psychosociaux, formalisée dans le DUERP ; – la mise en place d’actions de prévention adaptées, d’information et de formation ; – l’organisation des moyens humains et organisationnels permettant de détecter et de prendre en charge les situations sensibles.
La jurisprudence rappelle régulièrement que l’employeur peut voir sa responsabilité engagée en cas de manquement à son obligation de prévention, notamment lorsque des signaux d’alerte étaient identifiables et qu’aucune action adaptée n’a été mise en œuvre.
Former les managers et les professionnels RH à la prévention du risque suicidaire, structurer des procédures internes claires et articuler ces dispositifs avec la démarche RPS et QVCT permet ainsi non seulement de protéger les salariés, mais également de sécuriser l’organisation sur les plans juridique et social.
Instaurer une culture d’entreprise attentive à la santé mentale
La prévention du risque suicidaire ne peut reposer uniquement sur des actions ponctuelles. Elle s’inscrit dans une démarche plus large de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), visant à créer un environnement professionnel où la santé mentale est reconnue, discutée et prise en compte.
Preventech Consulting accompagne les organisations dans la mise en place de dispositifs de sensibilisation, de communication et d’accompagnement managérial favorisant une culture du dialogue, de la vigilance partagée et de la responsabilité collective.
Agir maintenant pour prévenir le risque suicidaire en entreprise
Agir tôt, c’est sauver des vies, mais aussi protéger les collectifs de travail, renforcer la confiance et répondre aux obligations légales de l’employeur. La prévention du risque suicidaire est un investissement humain et organisationnel essentiel, au service de la performance durable et de la responsabilité sociale.
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Sources
- Observatoire national du suicide, Rapport annuel, 2023.
- INRS, Le suicide en milieu professionnel, 2022.
