Un déménagement porteur de qualité de vie au travail

 

01 Juin2016

Des mesures individuelles ont accompagné les 500 personnes impactées par la construction du nouveau siège social du Crédit Agricole régional, distant de 70 Km. Le projet a aussi revu l’organisation et les méthodes de management.

 
Vingt ans après avoir fusionné, la caisse régionale du Crédit Agricole Charente-Maritime Deux-Sèvres franchit une nouvelle étape. À la rentrée 2016, elle inaugurera dans l’agglomération de La rochelle un nouveau siège social flambant aux normes HQE (haute qualité environnementale) pointues, abritant quatre étages de bureaux, un atrium central et un vaste auditorium ayant pour vocation à être ouvert au public de partenaires, entreprises et associations, la banque comptant sur le territoire près de 547 000 clients. Concrètement, pour les 500 salariés qui travaillaient jusqu’alors sur les sites de Niort (230 personnes) et Saintes (270 personnes), cela va se traduire par un déménagement de leurs lieux de travail, distant d’environ 70 km. Depuis que le projet a été acté, en 2013, la banque coopérative et mutualiste se prépare à ce changement. « L’objectif était qu’au moment où les décisions se prennent, les impacts soient en grande partie identifiés et l’accompagnement pensé dès le début, déclare Fabrice Bouffet, 
directeur du développement des ressources humaines. À ce moment-là, a été construit et établi avec les partenaires sociaux un calendrier et des engagements qui ont été tenus. »
 
Acter un calendrier
« Il fallait faire avancer les choses », affirme de son côté le secrétaire du comité d’hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT) Serge Lebrun affilé à la CFDT (Confédération française démocratique du travail), qui se remémore « des premiers moi un peu compliqués, où toutes les organisations syndicales n’ont pas négocié ». « Mais nous avons vite acté un calendrier sur le mode de consultation des instances représentatives du personnel, poursuit-il. Il y avait deux sujets à travailler en comité : l’aspect social avec les mesures d’accompagnement, et l’aspect conditions de travail sur le futur site de La Rochelle. Nous avons beaucoup discuté des risques psychosociaux liés au déménagement, puis étendu les échanges à toutes les problématiques de santé au travail. » 
Concernant le volet accompagnement, « une Task Force » de 15 personnes a été mobilisée au niveau de la direction des ressources humaines pour recevoir individuellement chacun des 500 salariés concernés », explique Fabrice bouffet. L’objectif était de faire un premier diagnostic des situations individuelles, autant professionnelle que personnelles. «  Il nous fallait être certains qu’aucune situation difficile nous échappe. Il fallait aussi pouvoir rapidement détecter les difficultés et demandes de reconversion afin de proposer un programme adapté. L’engagement de la direction, pour les personnes ne voulant pas aller à la Rochelle, est de retrouver un projet professionnel dans les réseaux de proximité en proposant un accompagnement personnalisé. » 
 
Former les managers
« Dès 2013, nous avons engagé un vaste mouvement de formation de notre encadrement sur l’analyse de travail, pour bien préparer l’ensemble des managers à porter ces changements-là » ajoute le directeur des ressources humaines. Il met en avant « la logique d’innovation sociales » sous-tendant que ce projet de déménagement qui, souligne-t-il, « n’est pas seulement un projet immobilier, mais également un sujet de vivre et travailler ensemble, de se projeter dans un nouvel environnement». Aussi, la caisse régionale a-t-elle souhaité « prendre un temps d’avance pour que chaque salarié puisse trouver ses repères dans le nouveau site», cela dans une démarche de construction. Un travail a été mené avec le CHSCT et un ergonome sur la manière d’organiser les services dans le futur siège social. Il a dans un premier temps consisté à partir des réalités du travail et méthode de chaque unité, avant de se projeter sur une nouvelle manière de travailler et d’animer les équipes.
 
Baromètre social
« En arrivant à la Rochelle, nous avons modifié un certain nombre de pratiques et de fonctionnements internes », déclare Louis du Hamel, directeur de la transformation des moyens et des projets immobiliers, qui se félicite de ce que « les changements soient initiés en amont » et non, comme trop souvent, en réaction à un nouvel environnement. Dans les mesures d’accompagnement, il a par exemple été acté, pour l’ensemble des salariés, la possibilité de travailler 25 jours dans l’année à distance, dans une agence des réseaux. « Cela nous oblige à revoir nos fonctionnements au quotidien », relève Louis du Hamel. La digitalisation des échanges, en interne comme dans la relation client, constitue l’une des réponses, de même que l’équipement de 100% des salariés en ordinateur portable. L’espace des nouveaux bureaux a par ailleurs « pour favoriser  les échanges ». « Nous installons de plus en plus un mode de management visuel, afin d’être en totale interaction avec l’ensemble de l’équipe », indique-t-il, soulignant qu’une démarche parallèle est menée avec l’ensemble des 171 agences des réseaux, grâce à la mise en œuvre d’un nouveau concept favorisant la collaboration et la relation client. « Les deux évolutions doivent se faire en même temps », affirme-t-il. Le secrétaire du CHSCT met également en avant une vision plus « macro ». « Sur un projet de déménagement, nous sommes arrivés à construire des choses qui intéressent aussi notre réseau d’agences », souligne ainsi Serge Lebrun. « Nous avons réussi à nous mettre d’accord avec la direction sur la mise en place d’un baromètre  social qui, en relation avec l’observatoire des conditions de travail, va permettre d’élaborer un plan d’action concret », cite-t-il en exemple. « Un sujet en tire d’autres, poursuit-il. Sur le numérique, la direction a accepté de discuter aussi du devoir du droit à la déconnexion. On élargit le spectre des premières négociations que l’on avait pu avoir. Si le début a été difficile pour les salariés, ils sont désormais nombreux à se projeter, et des actions concrètes sont en train de se mettre en place sur la qualité de vie au travail. » De son côté, Fabrice Bouffet espère faire la démonstration que « plus les salariés sont accompagnés et impliqués dans la transformation de leur entreprise, plus la performance globale est au rendez-vous ». Pour l’heure, 9 salariés sur 10 ont totalement fait le choix de suivre leur poste à la Rochelle.
 
 
ANNE BIZOUARD, directrice études et développement des ressources humaines à la Fédération nationale du Crédit Agricole
Le Crédit Agricole construit sa propre méthode
Qu’il s’agisse de projets immobiliers, informatiques ou de process, le Crédit Agricole expérimente une méthodologie conçue par son Observatoire national des conditions de travail, en partenariat avec l’Anact. « Nous avons mis l’accent sur le fait que la conduite de changement ne doit pas seulement être sur l’aval (formation, communication), mais bien sur les phases amont, explique Anne Bizouard. Cela, pour réunir deux choses essentielles : Concevoir à partir de la réalité du travail et créer avec les salariés. Quelle que soit la nature du projet, il faut montrer qu’en faisant autrement, on produit des résultats différents. La performance est une réponse équilibrée à la satisfaction clients, entreprise et collaborateurs. »
 
ROMAN CHEVALLET, responsable du département Élaboration de solutions de transfert à l’Anact
« Un fort enjeu de transfert »
Dans tous les essais menés par le Crédit Agricole avant de labelliser sa méthodologie, on retrouve ces trois ingrédients : l’analyse du travail réel, la co-conception avec les utilisateurs et la simulation pour projeter le travail futur avec l’usager. À partir du moment où il y a un socle d’analyses posé et éprouvé, il est possible de toucher de nombreux projets. Il y a également un fort enjeu de transfert. Plus de 300 personnes ont été formées dans les caisses régionales pour intégrer l’analyse de travail dans les projets de transformation. Le profil était au début plutôt RH, puis chefs de projets et services d’organisation… cela me paraît révélateur d’un besoin.
 
 
Caroline Delabroy
Travail & Changement (Anact/Aract) - avril-mai-juin 2016
 
 
 
 
> Voir toutes les actualités
 

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

4 cité Paradis
75010 Paris

01 44 09 70 44

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

4 cité Paradis
75010 Paris

01 44 09 70 44