Santé au travail : comment le bruit est-il pris en compte dans les lieux de travail aujourd’hui ?

 

01 Août2017

Qui dit bruit au travail, dit qu’il faut nécessairement distinguer la nature et l’intensité du bruit de l’espace de travail de l’activité même des salariés exposés. D’une part, la problématique du bruit au sens du code du travail ou du tableau 42 des maladies professionnelles est essentiellement présente dans le monde industriel et celui du BTP. Dans ces cas, l’employeur a l’obligation de s’assurer que les valeurs limites fixées par l’article L4121-2 et par les articles R. 4213-5 à R. 4213-6 et d’autre part par les articles R. 4431-1 à R. 4437-4 du Code du travail, sont bien respectées. Ces valeurs visent avant tout le risque auditif et la protection de notre sens le plus puissant : l’ouïe. Une exposition longue et insidieuse – car souvent sous-estimée par le salarié lui-même – peut conduire à une surdité plus ou moins complète ou à un risque d’accident (éclatement du tympan par exemple sous l’effet d’un bruit très violent). 

Au-delà des mesures visant à identifier la réelle exposition des salariés au bruit et les moyens d’y remédier (protections individuelles et collectives), l’acousticien et l’ensemble des acteurs de la prévention savent d’une façon générale l’appréhender. D’autre part, nous devons traiter la problématique du bruit dans les open-space ou espaces partagés en général et qui concerne un très grand nombre de salariés dans notre société moderne. Aujourd’hui, plus de 60% des salariés en France et en Europe sont concernés et, plus de 50% d’entre eux expriment leur gêne vis-à-vis du bruit. De surcroit, l’étude pour le CNB de juin 2016 démontre l’impact économique de cette situation : rien qu’en France, le coût est de 18 Mds /an.
 
Appréhender la dimension humaine et psycho acoustique
Mais de quel bruit s’agit-il ? En effet, nous ne sommes plus dans le champ de la maladie professionnelle, sauf dans des situations très précises et rares. Le bruit ainsi mis en cause a souvent trois origines qu’il est nécessaire d’appréhender différemment. Le premier groupe est constitué des bruits qui sont générés par les équipements techniques et qui peuvent être évités dès la conception de l’aménagement (neuf ou en réhabilitation) notamment en faisant appel à un bureau d’étude en acoustique. Les bruits issus de la « pathologie du bâtiment » forment un deuxième groupe. Le troisième est plus délicat tant dans l’approche que dans les conditions de traitement. En effet, les salariés concernés se disent avant tout gênés par le bruit généré par les conversations et le comportement de leurs collègues. On voit donc là toute la dimension psycho-acoustique qui s’y rattache. Dans ce dernier cas, la gêne exprimée n’est pas tant liée à un niveau sonore trop élevé, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais d’avantage au sentiment de subir les conversations et leur intelligibilité : « Le bruit c’est les autres ! ». Les conséquences associées à ce phénomène sont la fatigue, la perte de concentration et d’efficacité, le stress voir l’irritabilité, et qui peuvent être à l’origine d’un certain absentéisme.
 
Intelligibilité de la parole : un critère essentiel
La réalité sonore est ainsi souvent difficile à appréhender tant par les acteurs professionnels du domaine que pas les entreprises elles-mêmes, à cause de ces deux dimensions humaines et physiques. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les mesures acoustiques in situ et l’expression de la gêne : lorsqu’un salarié parle à ses collègues au lorsqu’il est au téléphone, on mesure une valeur à son oreille de l’ordre de 10 à 15 dB(A) supérieure à celle « qu’il subit » quand ce sont les autres personnes de l’espace de travail qui s’expriment. Dans le premier cas, il n’y a jamais de sentiment de gêne. Dans le deuxième cas, il apparaît en particulier à cause de l’intelligibilité de la parole : « Je comprends tout ce qui est dit ». Ce critère objectif est en réalité souvent oublié des cahiers des charges ou des programmes des aménageurs de bureaux. Or, ce critère d’intelligibilité de la parole est essentiel au confort, au bien-être, voire à la santé des salariés qui occupent ces espaces de travail. A celui-ci se rajoute le critère propre au comportement individuel et à la prise de conscience. De nouveau, il est clair que quels que soient les aménagements et les solutions acoustiques mis en place (traitement passif ou actif tel que le masquage sonore), nous sommes toujours confrontés au comportement individuel. Il s’agit donc d’aider à cette prise de conscience et de rendre ainsi chaque salarié acteur et responsable de sa propre prévention.
 
La santé et le confort sonore au travail est l’affaire de tous
Quelles sont donc les solutions ? Elles sont de trois ordres :
  • Celle qui consiste à faire appel à un professionnel averti de l’acoustique qui saura guider, conseiller et accompagner le client dans la transformation de son espace ou de son projet,
  • Celle qui permettra de modifier de façon efficace l’environnement sonore de l’espace de travail par des systèmes passifs et/ou actifs,
  • Enfin celle qui, grâce à de la donnée acoustique captée en continu d’une part et à des indicateurs permanents sur l’état sonore de l’espace de travail d’autre part, permettra aux Instances Représentatives du Personnel (IRP) ainsi qu’aux salariés d’évoluer dans leur approche du bruit et dans sa prévention.

En conclusion, faisons évoluer les mentalités et prenons conscience des solutions à mettre en œuvre par tous les acteurs professionnels, les entreprises et leurs salariés. La santé et le confort sonore dans l’espace de travail collectif est bien l’affaire de tous. Il n’u a aucune fatalité, les solutions existent, osons les mettre en place.

 
Frédéric Lafage, Orfea Acoustique
Environnement & Technique - HS - juillet/août 2017
 
 
 
 
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