Risque routier : un risque souvent invisible !

 

01 Février2018

Si, dans les grandes entreprises, le risque routier est correctement pris en compte, c’est loin d’être le cas dans le cadre d’une stratégie plus vaste de prévention des risques dans les TPE-PME. Or, rappelons-le, le risque routier est la première cause de décès au travail. Il faut donc agir.

 
Tous les experts le reconnaissent. Le risque routier n’est pas perçu dans certaines entreprises comme un risque à part entière. « La perception du risque routier, bien qu’elle progresse dans les entreprises, n’est pas encore suffisante, regrette d’emblée Anne-Sophie Valladeau, Transport-Logistique-Risques routiers, département expertise et conseil technique à l’INRS. Et top souvent, les entreprises décident de mettre en place des mesures de prévention après un accident ».
De son côté, Jean-Claude Robert, délégué général de l’association « Promotion et suivi de la sécurité en entreprise » (PSRE), s’il partage ce constat, ajoute « qu’en matière de prise de conscience du risque routier dans les entreprises, nous sommes confrontés à différents types d’approche : les grandes entreprises qui disposent de politiques santé au travail et qui ont traité du risque routier dans le cadre d’une stratégie plus large en matière de SST, et d’autres entreprises qui n’ont pas fait grand-chose… ». Mais ne rien faire va devenir de plus en plus difficile, car la pression se renforce sur les entreprises. En effet, entre l’obligation de réaliser le DUER, celle de bâtir un PDE (plan de déplacement en entreprise) depuis le 1er janvier dernier, avec plus de cent salariés sur un même site et, enfin, celle de désigner les conducteurs en infraction, les entreprises vont devoir prendre le taureau par les cornes.
 
Favoriser la prise de conscience
 
En tous cas, les pouvoirs publics, de leur côté, l’ont pris par les cornes, le taureau. C’est le cas de la Délégation à la sécurité routière qui qui a décidé, par la voix d’Emmanuel Barbe, délégué à la sécurité routière, d’aider les entreprises à prendre conscience de l’intérêt de mettre en place une politique de prévention du risque routier. Comme Emmanuel Barbe le confiait à notre confrère Flottes Automobiles, « pour inciter les plus petites entreprises, il faut surtout leur montrer que cet investissement est très rentable à condition de le faire en continu. Quand on met 1 euro dans la prévention, le retour est de 1,80 euros : c’est une vraie source de profit. Nous comptons aussi associer les mutuelles et les assurances à notre démarche de prévention pour les inciter à mener des actions en direction des entreprises. Elles y ont intérêt ».
Par ailleurs, le prochain Document général d’orientation (DGO) sur la sécurité routière pour 2018-2022 se ressaisira de la question de la sécurité routière en entreprise et demandera des actions à l’échelon local.
Tout cela ne serait pas inutile. En effet, d’après une enquête menée en avril 2016, puis en avril 2017, par l’Ifop pour MMA auprès d’entreprises de moins de 50 salariés, moins d’un dirigeant sur quatre classe le risque routier au premier rang des accidents professionnels. La responsabilité des dirigeants, lors d’un accident impliquant un salarié en mission, est certes reconnue par 60% d’entre eux. Mais avec un trajet entre le domicile et travail, cette responsabilité n’est que peu connue (45%). Fait positif cependant, la prise de conscience est en progression notable : en 2016, 37% avaient connaissance de cette responsabilité. Par ailleurs, toujours selon l’enquête de la MMA, 81% des petites entreprises interrogées n’ont mené aucune action de prévention du risque routier (83% en 2016).
 
Un risque peu visible…
 
Et tout cela ne sera pas inutile, car si la route est responsable de moins de 3% des accidents de travail avec arrêt – ce qui en fait un risque peu visible pour les petites entreprises -, elle reste la première cause de mortalité au travail. Risque peu visible donc, mais dont les conséquences peuvent être gravissimes…
La route représente un quart des accidents mortels au travail et 50% si on inclut les trajets domicile-travail. Tous les ans, environ 50 000 accidents ont lieu sur la route, durant des trajets professionnels ou domicile-travail. En 2016, 463 accidents ont été mortels dont 339 lors de déplacements domicile-travail.
Plus inquiétant encore : si le nombre de décès dus à un accident routier a baissé chaque année depuis 2001, la tendance est repartie à la hausse depuis 2014. En 2016, 3477 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en France métropolitaine, soit 16 décès de plus qu’en 2015. Les conducteurs d’utilitaire ont été particulièrement touchés (+8%, soit 10 décès supplémentaires).
 
Prévention : des principes de base
 
« En matière de prévention du risque routier, il faut partir de quelques principes de base. L’entreprise peut agir sur ‘les 4 managements‘ incluant des actions sur l’organisation (du travail, des déplacements, etc.), les moyens (véhicules adaptés, et en état ou de communication à distance, etc.) et et la gestion des ressources humaines (formation, information). Le choix du véhicule et de son aménagement doit aussi faire l’objet d’une attention particulière », précise Anne-Sophie Valladeau.
Tout commence par la mise en place d’un comité de pilotage qui chapeautera la démarche. Ensuite, l’entreprise doit collecter et analyser les données grâce à des indicateurs qui sont assez simples à identifier et utiliser. Les indicateurs permettent de cerner la plus ou moins grande prégnance du risque routier dans une entreprise sont divers.
On pourra ainsi étudier le nombre d’accidents de trajet, l’évolution de la flotte de l’entreprise, la répartition par métier dans l’entreprise pour identifier les collaborateurs qui doivent se déplacer, le kilométrage annuel et son évolution, les constats à l’amiable, l’évolution des primes d’assurance, le nombre de contraventions, la consommation en carburant, les frais de péages…
Toute prévention passe donc d’abord par un diagnostic du risque routier qui se penchera sur les populations concernées, les risques particuliers, l’organisation du travail…
 
PIC Magazine – janvier/février 2018
 
 
 
 
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