Prévention et performance - Ce qui bénéficie aux salariés rapporte à l’entreprise

 

01 Octobre2019

La prise en compte de la santé des salariés ne doit pas être considérée comme une « charge » affectant la performance d’une entreprise. La démarche et les pratiques de prévention des risques professionnels, dès lors qu’elles impliquent l’ensemble des salariés et des services de l’entreprise, peuvent être un moteur de performance globale.

 
« La performance d’une entreprise dépend de ses salariés. » Cette affirmation de Pierre Canetto, chargé de projets à l’INRS, pourrait passer pour une lapalissade. Pourtant, il suffit de regarder ce qui se cache derrière cette évidence pour se rendre compte que le sujet est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. « La motivation des salariés, leur implication et leur bien-être constituent un important levier de compétitivité », poursuit Pierre Canetto. Un constat qui ne laisse aucun doute sur le lien entre santé et sécurité au travail et performance alors que trop souvent encore, la prévention des risques professionnels est vue comme un frein à la performance.
La performance, c’est le rapport entre un objectif fixé et les moyens mis en oeuvre pour l’atteindre. Elle peut être envisagée selon plusieurs dimensions : financière, économique, sociale, opérationnelle… La performance globale s’étend à l’ensemble de ces composantes. En quoi la recherche de la performance contribue-t-elle à la prévention des risques professionnels ? Et, à l’inverse, comment la santé des salariés peut-elle être mise au service de la performance ? « La plupart des entreprises font appel à nous pour assurer la pérennité de leur activité, explique David Simeray, consultant en management de la performance globale au cabinet Ligne bleue. Souvent, elles ne font pas le lien avec la santé au travail. C’est la première chose que nous soulevons quand nous rencontrons la direction. »
 
Mettre le travail en débat
« Contrairement aux idées reçues, santé et performance ne s’opposent pas », assure Alexandre Lajeunesse, directeur associé grand Ouest de Cohésion international, une coopérative de conseil qui accompagne des établissements publics et privés dans leur recherche de performance globale. « L’entreprise peut améliorer les deux à la fois, en se penchant sur le travail et sa qualité, poursuit-il. Et plus particulièrement en agissant sur trois points : la mobilisation des compétences des salariés, la qualité des relations humaines et celle de l’organisation et de l’environnement de travail. »
La recherche de performance et l’amélioration des conditions de travail s’appuient toutes deux sur l’observation du travail réel au sein de l’entreprise. Le point de départ consiste à identifier ce qui empêche une entreprise de bien ou de mieux fonctionner sur un point précis : quels problèmes existent dans l’entreprise ? « Résoudre un problème nécessite de prendre en considération la réalité, économique, humaine, et opérationnelle de l’entreprise », explique David Simeray. Après identification des dysfonctionnements, se pose la question : Qu’est-ce qui empêche les salariés en charge du travail de bien le faire ? Répondre à cette question nécessite l’implication de l’ensemble de l’entreprise, opérateurs compris. C’est le deuxième point commun de l’amélioration de la performance avec la santé au travail.
Il s’agit de mettre en place une véritable coopération des salariés au sein de l’entreprise, et pas seulement une participation de façade. Embrasser la complexité du système nécessite de mettre le travail en débat, avec les managers et les opérateurs. C’est ce qui permet de trouver un compromis efficace, auquel les salariés adhèrent parce qu’ils ont contribué à son élaboration. Et cela requiert de laisser davantage de place au dialogue dans l’entreprise et d’autonomie aux salariés.
 
Coopération
En transformant les conditions de réalisation du travail, l’entreprise est ainsi conduite à faire évoluer son organisation et les rôles de chacun. Toute démarche d’amélioration en son sein peut donc être un levier pour agir à la fois sur la santé au travail de ses salariés et sur sa performance, que ce soit une démarche d’amélioration continue visant à davantage de performance ou d’amélioration des conditions de réalisation du travail, c’est-à-dire une démarche de qualité de vie au travail (QVT).
« Pour qu’une démarche de QVT exploite toutes ses potentialités, et notamment pour qu’elle soit au service de la compétitivité et de la performance, elle doit s’articuler avec les préoccupations économiques de l’entreprise », soutient Matthieu Pavageau, directeur technique et scientifique de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail). L’agence a d’ailleurs choisi cette année la performance comme thème phare de la semaine de la qualité de vie au travail. «Une telle démarche QVT nécessite de réinterroger les modes d’organisation du travail, avec tous les acteurs concernés : salariés, managers, préventeurs et RH », reprend-il.
« Si l’on veut améliorer la performance et la prévention dans leur globalité, il est souhaitable que la démarche soit intégrée, que la coopération s’étende aux différents services de l’entreprise, ajoute Pierre Canetto. La prévention ne se décrète pas, elle se construit avec les personnes concernées. Il en va de même de la performance. »
 
K. D.
Travail & Sécurité – septembre 2019
 
 
 
 
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