Prévention dans les TPE/TPI : état des lieux

 

01 Février2018

A l’inverse des grandes entreprises, des groupes nationaux et internationaux et même de certaines PME ou PMI, la prévention des risques professionnels et les questions de santé et sécurité au travail sont souvent négligées dans les TPE/TPI. Les chiffres le prouvent.

 
Il y a deux ans, l’INRS a publié les résultats d’une enquête qu’il a commandée à l’institut Viavoce. Cette enquête avait pour but d’étudier, sur la durée, l’évolution de prise en compte des questions de prévention et des risques professionnels dans les TPE/TPI, soit des structures de moins de 10 salariés qui représentent aujourd’hui 98% des entreprises relevant du régime général de la Sécurité sociale.
Dans le cadre de cette enquête qui a été menée en tris campagnes différentes, en 2007, 2010 et 2015, un peu plus de 1 000 chefs d’entreprise ont été interrogés, dont 652 petites entreprises (PE : de 10 à 49 salariés) et 170 très petits entreprises (TPE : entre 1 à 9 salariés).
Premier constat, depuis 2010, le niveau de préoccupation des chefs d’entreprise sur les questions de santé et de sécurité est en net recul. Cette tendance, traduite par une baisse de 25 à 16% dans les TPE et de 18 à 14% dans les PE, s’expliquerait, souligne l’INRS, « par le contexte économique difficile de ces dernières années ».
 
Le DU, pas d’intérêt
 
En ce qui concerne la perception des risques, les principales préoccupations des chefs d’entreprise concernant leurs salariés sont le risque routier, le risque lié à l’activité physique et celui de chute de plain-pied. En revanche, et c’est plus inquiétant, 35% des chefs de TPE interrogés considèrent que leur activité ne présente pas de risques pour leurs salariés et ne voient pas l’intérêt du Document unique d’évaluation des risques professionnels. « Ces résultats généraux cachent d’assez fortes disparités selon les secteurs, tient à préciser Patrick Laine, responsable de la mission TPE/PME. Il existe, en effet, d’assez fortes disparités selon les secteurs en matière de sensibilité à la prévention des risques professionnels. Par exemple, dans le BTP, les entreprises sont conscientes des risques et relativement bien informées et sensibilisées sur le sujet. A l’inverse, dans la restauration, la prévention des risques n’est pas un sujet, et 70% des entreprises du secteur n’ont pas de DU. C’est le cas d’autres secteurs où les accidents du travail sont perçus, à tort, comme faisant partie du métier, de la bobologie inhérente à l’activité… »
Cependant, sur la période écoulée, les chefs d’entreprise sont néanmoins plus nombreux à déclarer avoir mis en œuvre des mesures de prévention : moyens de protection individuelle ou collective, interventions sur l’aménagement ou sur l’organisation, information des salariés, actions de formation.
 
Des patrons la tête dans le guidon !
 
Ce manque d’intérêt pour la prévention des risques s’explique aussi par le fait que, dans les TPE, le patron est submergé par le travail et les responsabilités. «  La priorité est la survie de l’entreprise. Surtout dans un contexte économique très concurrentiel, confirme l’expert de l’INRS. Or, les patrons des TPE ne font pas le lien entre la prévention et la rentabilité de l’entreprise et ses bons résultats ». La gageur est donc de trouver est donc de trouver le discours adéquat qui leur permettra d’intégrer ce paramètre. « On parvient parfois à leur faire comprendre l’intérêt des équipements de protection ou de travail si on peut leur démontrer qu’ils permettent aussi d’améliorer la productivité de l’entreprise », ajoute Patrick Laine.
Lorsqu’ils souhaitent s’informer, l’accès aux documents d’information des organismes de prévention se fait en ligne pour la majorité des patrons. Parmi les sources d’information, les fiches techniques ou notices des fabricants font un bond de 6 à 14% dans les PME et de 4 à 18% dans les TPE. Côté interlocuteurs sur les questions de prévention, les services de santé au travail sont plébiscités comme référent (pour 49% des PME et 34% des TPE) et comme « personne de confiance » (pour 62% des PE et 32% des TPE).
 
PIC Magazine – janvier/février 2018
 
 
 
 
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