Nouveaux modes d’aménagement et acoustique

 

01 Novembre2016

Les nouveaux aménagements tertiaires tendent à proposer une grande variété d’espaces pour répondre aux différents besoins des collaborateurs. Chacun nécessite un traitement acoustique spécifique. Les conseils des experts d’Echophon…

 

Avis d’expert : Thomas Roul, spécialiste de l’acoustique des espaces de travail chez Ecophon, il accompagne concepteurs et occupants pour l’intégration du confort acoustique dans leurs projets. Ecophon, société du groupe Saint Gobain, est un fabricant de solutions pour le traitement acoustique des espaces intérieurs.
 
Notre façon de travailler change et nos espaces de travail accompagnent cette évolution. Alors que les nouvelles méthodes de travail mettent notamment l’accent sur la communication et la collaboration, le confort acoustique est désormais au centre des préoccupations. L’aménagement des bureaux s’oriente vers une pluralité d’espaces mis à disposition des collaborateurs, en fonction du type d’activité à réaliser. Pour chaque tâche, l’environnement sonore optimal à créer sera différent : le traitement acoustique va ainsi varier. Voici quelques repères pour s’y retrouver.
 
Pour des open spaces vécus sereinement
L’open space est le cœur de l’espace de travail, à partir duquel les collaborateurs graviteront vers d’autres typologies d’espaces pour la réalisation d’activités spécifiques. Dans cet open space se côtoient des personnes qui réalisent simultanément des tâches diverses, et qui ont donc des attentes différentes vis-à-vis de leur environnement sonore. Pour maximiser le confort acoustique des occupants, il est d’abord essentiel de regrouper les équipes en fonction de leur activité principale. Même si deux équipes échangent beaucoup entre elles, si l’une a besoin de d’avantage de calme que l’autre, il pourrait être contre-productif de les installer côte à côte. Ensuite, le traitement acoustique de l’open space se fera essentiellement au plafond, les murs étant rares ! L’objectif est de maximiser la décroissance du son et qu’il se propage le moins possible, afin de maintenir un certain niveau de confidentialité et de s’assurer que les postes ne se gênent pas entre eux. Le plafond acoustique peut s’avérer insuffisant : on pourra le renforcer grâce à l’installation d’îlots suspendus en complément. On veillera à déplacer les sources sonores inutiles : par exemple, isoler les photocopieurs et machines à café, ou encore inciter les collaborateurs à téléphoner ailleurs. La rédaction collective de « règles de vie » permet d’inclure les collaborateurs dans une démarche positive, et permettra également de dénoncer plus facilement les mauvaises pratiques ».
Pour aller plus loin, une nouvelle norme acoustique (NF S 31-199) entièrement dédiée aux bureaux ouverts a été publiée en début d’année. Celle-ci permet notamment d’accompagner la conception acoustique de ces espaces en fonction du type d’activité : collaboratif, téléphone, individuel, accueil du public.
 
Traiter les salles de réunion
Qu’elles soient pour une grande assemblée ou simplement pour deux personnes, les salles de réunion sont un lieu incontournable pour toute entreprise. Si leur nombre est suffisant et si leur réservation est simple, elles permettent d’éviter les réunions informelles qui pourraient nuire à l’environnement sonore de l’open space. Une salle de réunion agréable est une salle où tout le monde est capable d’entendre clairement mais aussi de s’exprimer facilement sans forcer sur la voix. L’installation d’un plafond acoustique permet ainsi de maîtriser le niveau sonore dans la pièce et les effets d’échos, souvent importants avec des systèmes de téléconférences. Par ailleurs, on retrouve généralement dans ces espaces des parois en verre et des écrans de projection. Sur ces surfaces nues, le son va venir rebondir et créer des échos supplémentaires (des échos flottants) qui rendront la communication plus difficile. Ces échos peuvent être aisément éliminés grâce à des absorbants muraux qui viendront compléter la contribution du plafond acoustique, et garantiront une bonne clarté de la parole. On veillera également à garantir une bonne isolation phonique de la pièce, pour respecter la confidentialité des échanges mais aussi pour s’assurer que les postes de travail à proximité ne soient pas dérangés par les réunions. Plafond et cloisons doivent avoir le même niveau de performance : il est inutile d’investir dans des cloisons fortement isolantes si le plafond laisse passer tout le son. On s’assurera ainsi que l’indice d’affaiblissement acoustique de la cloison (RW) ait une valeur égale à celle de l’indice d’isolement acoustique normalisé (Dn, f, w) du plafond.
 
Collaborer, sans importuner
Le travail en projet, en équipe, est de plus en plus répandu, et les espaces de travail s’adaptent à cette transformation en offrant des espaces spécialement pensés pour ce type d’activité. Ces lieux sont conçus pour favoriser la créativité, la communication et la collaboration. Leur environnement sonore se doit d’accompagner cette démarche. Le niveau sonore peut atteindre des niveaux élevés, surtout lorsque plusieurs collaborateurs s’expriment simultanément. Il faudra être particulièrement vigilent à cela, surtout lorsque les espaces de collaboration sont semi-ouverts, et donnent sur l’opens-space. Un traitement acoustique de haute-performance, au mur et au plafond, permettra de maintenir un environnement sonore qui favorisera la communication, tout en minimisant la gêne pour les espaces alentour. Bien sûr, si les espaces de collaboration sont dans des salles fermées, on veillera là encore à maintenir une bonne isolation phonique vis-à-vis des espaces à proximité.
 
Permettre la concentration
On a beau collaborer toujours plus, il est aussi indispensable de pouvoir s’isoler. Que ce soit des bureaux individuels ou des bulles, plus petites, ces lieux permettent de protéger l’espace de travail en déplaçant la nuisance sonore des conversations téléphoniques, mais aussi de renforcer le contrôle des occupants sur leur environnement sonore en leur offrant la possibilité de se déplacer vers un espace plus calme. D’un point de vue acoustique, ce sont donc des espaces clés ! Pourtant, leur traitement est trop souvent négligé, car on considère à tort qu’un espace individuel n’a aucun besoin particulier en termes d’environnement sonore. Grave erreur ! Deux éléments essentiels sont à prendre en compte absolument. Le premier est l’isolation sonore de la pièce, pour qu’elle ne devienne pas une source de gêne pour les personnes travaillant à proximité. Et réciproquement : si l’on souhaite pouvoir se concentrer, il est indispensable d’être protégé du tumulte de l’espace ouvert. Par ailleurs, ces espaces individuels sont généralement de très petite taille, ce qui les rend facilement réverbérants. Il est donc essentiel de maitriser ce phénomène à l’aide d’absorbants acoustiques (au mur et au plafond), faute de quoi les conversations téléphoniques risquent d’être très fatigantes. Suffisamment pour que les collaborateurs boudent l’espace…et se retrouvent dans l’espace ouvert. Le traitement physique du son est le point de départ indispensable à l’obtention d’un bon environnement de travail. Pour maximiser le confort acoustique lors de la conception ou du réaménagement de bureaux, il est toutefois préférable d’aller encore plus loin. En effet, différentes études ont montré que la mesure physique du son n’explique que 25% de la gêne sonore ressentie. Pour mieux la comprendre, il faut se pencher sur la psychoacoustique, la mesure physique du son, et les champs de la psychologie qui s’intéressent à la perception des sons et à leur interprétation.
 
Mieux comprendre la gêne sonore
Autrement dit, cela consiste à identifier et comprendre les bruits qui, à même niveau sonore, seront plus gênants que les autres. Entrent en jeu les personnalités, les tâches et les activités, le contexte et l’attitude et enfin le sentiment de contrôle de son environnement acoustique. On sait par exemple désormais que notre type de personnalité influence fortement notre perception du bruit : les individus plus introvertis n’ont pas les mêmes besoins que les extravertis, alors que les bureaux sont traditionnellement conçus pour ces derniers. Accompagnés, par des experts, il est possible, à l’aide de questionnaires, d’identifier l’ensemble de ces facteurs psychoacoustiques pour les intégrer à la réflexion sur l’aménagement de l’aménagement de l’espace de travail. Car même si le point de départ du confort acoustique trouve dans la dimension physique du son, de nombreuses réponses essentielles se trouvent dans sa dimension subjective, dans l’interprétation qui en est faite par chacun. Un tel questionnaire peut être utile en amont d’un projet de déménagement ou de rénovation, pour affiner le cahier des charges, mais peut être également réalisé une seconde fois à l’issue du projet pour mesurer l’amélioration, aussi bien en terme de satisfaction que de productivité.
 
Workplace Magazine – octobre 2016.
 
 
 
 
 
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