Les points aveugles dans l’évaluation de la souffrance au travail, l’exemple de France Télécom

 

01 Décembre2017

Les tests psychométriques utilisés par les entreprises pour évaluer le niveau de souffrance de leurs salariés au travail sont-ils biaisés ? C’est en tout cas ce que laisse penser une étude inédite parue dans la revue Human Relations. Celle-ci révèle que ces enquêtes passent sous silence de nombreuses problématiques pourtant essentielles. En cela, elles ne reflètent pas vraiment la réalité vécue par les salariés.

 
La souffrance au travail : ce mal invisible qui ronge des millions de Français
 
Depuis la vague de suicides survenue chez France Télécom entre 2008 et 2009, la souffrance des salariés au travail est devenue une préoccupation majeure en France.
 
Ainsi, depuis octobre 2009, dans le cadre du plan de prévention contre le stress et les risques psychosociaux en milieu professionnel, les entreprises de plus de 1000 salariés sont tenues de mettre en place des instruments de mesure pour :
- Identifier ;
- Prévenir ;
- Traiter le stress et les risques au travail.
 
La fiabilité de ces tests remise en cause
 
Or, selon une étude publiée dans la revue Human Relations, les résultats de ces enquêtes pourraient s’avérer biaisés.
 
Dans le cadre de leurs travaux de recherche, Sandrine Hollet-Haudebert, maître de conférences à l’Université de Toulon ; et Florence Allard-Poesi, professeure en Management à l’Institut de Recherche en Gestion, de l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (UPEC), ont en effet analysé le rapport d’enquête de Technologia concernant les conditions de travail chez France Telecom.
 
L’objectif était double :
- Identifier les réalités et les « zones d’ombres » produites par les questionnaires destinés à évaluer la souffrance au travail ;
- Étudier la performativité de ces outils d’évaluation.
 
Dans leur recherche, les deux chercheuses ont considéré ces enquêtes comme des techniques de visibilité qui participent de la constitution de savoirs sur le sujet souffrant au travail.
 
Les visibilités et les points aveugles de ces enquêtes sur le stress
 
Les résultats montrent que :
1) D’une part, le questionnaire considère le sujet comme une personne parfaitement consciente plutôt qu’une simple victime passive, et que son mal-être résulte d’une relation déséquilibrée avec son environnement de travail.
2) D’autre part, le rapport limite la compréhension de cette souffrance à la seule position de l’individu au sein de l’entreprise.
 
En conséquence, d’autres dimensions comme les aspects politiques, stratégiques et idéologiques du salarié ; ou encore les bouleversements économiques qui affectent le travail sont réduits au silence.
 
S’appuyant sur les travaux de Foucault, les deux chercheuses ont interprété cette relation étroite entre le salarié et son environnement comme :
- Résultant d'un mix entre des méthodes d’observation scientifiques et des techniques de visibilité ; 
- Un compromis qui ne tient pas compte des orientations stratégiques de l'entreprise.
 
On sait pourtant que ces facteurs peuvent accroitre l’incertitude et, par conséquent, accentuer le niveau de stress.
 
Preventech - décembre 2017
 
 
 
 
> Voir toutes les actualités
 

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

4 cité Paradis
75010 Paris

01 44 09 70 44

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

4 cité Paradis
75010 Paris

01 44 09 70 44