Le salarié compétent en SST

 

01 Juillet2016

Depuis juillet 2012, la réglementation impose à l’employeur de désigner un salarié « compétent pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise ».

 
Le salarié compétent en santé et sécurité au travail (SST) assiste l’employeur dans la mise en place de la politique santé et sécurité de l’entreprise. Attention, sa désignation n’exonère pas le chef d’entreprise de sa responsabilité : assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Dans les faits, bon nombre d’employeurs ne savent pas toujours quelles missions attribuer au salarié désigné compétent, et surtout  comment choisir la personne présentant le profile le plus adapté. Une conseillère en prévention d’un Service de santé au travail interentreprises nous apporte plus de précisions sur les connaissances que doit avoir ce nouvel acteur en prévention des risques professionnels dans l’entreprise, et sur le contenu de la formation.
 
Interview de Céline Hédin
Conseillère en prévention / formatrice
 
Agri Mag : Quels sont les pré-requis pour devenir salarié désigné compétent en santé sécurité.
Céline Hédin : Le salarié désigné n’est pas nécessairement un expert de l’ensemble des risques professionnels. En revanche, ses qualités de dialogue avec les différents acteurs de l’entreprise et de rigueur dans le suivi des actions seront des atouts indéniables. Le chef d’entreprise doit alors allouer le temps nécessaire pour exercer sa mission, et identifier avec son salarié désigné si une formation est nécessaire par rapport aux nouvelles missions qui lui sont confiées.
 
Agir Mag : Quel est le contenu et le déroulement de la formation ?
C.H : La formation, d’une durée totale de 21 heures, se découpe en 6 demi-journées non consécutives, chaque fois espacées de 15 jours. Le premier module aborde la réglementation, les acteurs internes et externes de la prévention, les notions de danger et de risques, etc. Dès le second module, on commence à faire une analyse des accidents du travail, notamment par la méthodologie de « l’arbre des causes » qui permet à un non-initié de rechercher de façon structurée les facteurs ayant contribué à l’accident, d’en comprendre la scénario et de proposer des actions de prévention. Vient ensuite la classification des grandes familles de risques (routiers, chimiques, bruits, etc.), leurs réglementations spécifiques, puis « une chasse aux risques » sur image assez ludique à partir de laquelle élaborer un Document Unique (D.U). On aborde, enfin, la pénibilité et les risques chimiques avec chaque fois des kits d’évaluation spécifiques et des études de cas au plus près de l’activité réelle du salarié.
 
Agir Mag : Est-il prévu une validation des acquis .
C.H : En effet, la dernière demi-journée est consacrée à une visite dans l’entreprise. Cette visite permet de voir le salarié « désigné compétent » dans son environnement. Il leur est demandé, avant cette visite, de préparer un sujet concret en lien avec leur nouvelle mission. Cela me permet donc de valider leurs acquis notamment au travers de cas réels. Je leur rappelle que leur service de santé au travail est là pour les conseiller s’ils rencontrent le moindre problème sur ce sujet.
 
Agir Mag : Quelles sont les clefs de réussite et les atouts de cette formation ?
C.H : La formation peut apporter une bonne base réglementaire sur la santé et la sécurité au travail. Elle permet aussi de comprendre l’approche générale d’évaluation des risques professionnels pour pouvoir participer à sa mise en œuvre. Il faut absolument que cette formation soit vivante, interactive et entrecoupée d’exercices pratiques. Comme les entreprises et les personnes désignées sont parfois très différentes, le travail en groupe permet d’échanger, de partager et se nourrir de l’expérience de l’autre. C’est pour cela qu’il est préférable, voire nécessaire que le salarié compétent connaisse bien le vécu de l’entreprise et qu’il ait de l’empathie pour les autres…
 
Témoignage 
Jean-Marc Donce, Gérant Société ISA multi-franchisé Monceau Fleurs
« C’est la manager, en lien constant et très étroit avec les différents points de vente,  qui a été désignée salariée compétent en SST. Sa position lui permet de mieux appréhender les différentes questions de sécurité. Elle est aussi la plus à même de diffuser avec réactivité les actions de prévention en magasins et de transmettre ou rappeler les réflexes sécurité de bon sens que l’on ne fait plus forcément au travail. Cette formation fait prendre conscience que tout est important en matière de risque et qu’il ne faut rien négliger au quotidien. Par exemple, être vigilant à l’état du sol et sans cesse balayer pour ne pas glisser sur un mélange de feuilles coupées, de terre et d’humidité.  Si les risques des uns ne sont pas forcément ceux des autres, chaque participant au stage amène néanmoins son expérience, ouvre l’horizon et favorise l’échange de bonnes pratiques. Il est important de préciser ceci : durant et après la formation, notre SSTI reste un pointe un point de repère, un véritable partenaire qui n’est pas là pour nous juger mais pour nous conseiller et nous accompagner. Enfin le bénéfice pratique est que je peux désormais m’appuyer sur une ressource interne pour m’aider dans la prévention des risques.
 
A retenir 
Le salarié compétent SST peut assister à titre consultatif aux réunions de CHSCT.
 
Agir Magazine – mai/juin 2016
 
 
 
 
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