Le mal-être plus que jamais présent dans les entreprises

 

01 Février2017

Le "Toujours plus" semble régir irrémédiablement le monde professionnel. Combien d’entre nous sont soumis à des
impératifs de rapidité, de productivité, de rentabilité ?
 
La vie au travail n’est pas toujours facile, c'est même un euphémisme. De plus en plus souvent le travail
se trouve à l’origine des détériorations de la santé psychologique des individus. La souffrance, les
désillusions, sont fréquentes. Quasiment toutes les études ayant eu pour objet le bien-être au travail
montrent une inquiétante progression d’indicateurs alarmants, particulièrement en raison du stress
professionnel. Déjà en 2007 l’INRS* nous alertait et évaluait le coût social du stress en France de 2 à 3
milliards d’euros et il s’agissait, probablement d’une évaluation à minima à l'époque. Une situation
inquiétante qui perdure et que la quasi-totalité des systèmes de prévoyance sociale à travers le monde
n’ont pas manqué de souligner. Voici quelques chiffres pour illustrer si besoin il en est ces constats
alarmants.
 
  • Les chiffres de l’absentéisme sont en hausse par rapport aux années précédentes.
L’absentéisme au travail coûte 60 milliards d’euros aux entreprises du secteur privé. Selon une
étude de l’institut Alma Consulting Group, les salariés se sont absentés en moyenne 16,7 jours
par an en 2014. (http://www.loptimisme.com/)
 
  • Le stress au travail peut raccourcir l’espérance de vie (pour certains jusqu’à 33 ans !).
D’après des recherches menées à Harvard et Sandford, l’anxiété causée par les conditions de
travail précaires, par les relations professionnelles inamicales, par les licenciements ou les
recherches d’emploi infructueuses raccourciraient notre espérance de vie (et pas qu’un peu !).
 
  • 2 salariés sur 10 au bord du burn out
En janvier 2015, l’institut Think a publié une enquête soulignant le risque réel de burn-out chez les
salariés français. Cela s’explique par l’amincissement de la barrière entre la vie privée et la vie
professionnelle en raison de l’évolution technologique. (http://www.loptimisme.com/)
 
Le doute n'est plus permis.
 
Les résultats de l'enquête épidémiologique Samotrace sur la santé mentale au travail, qui date de
Les résultats de l'enquête épidémiologique Samotrace sur la santé mentale au travail, qui date de
quelques années restent toujours hélas d'actualité, et confirment le lien entre le mal-être et certains
facteurs de risques professionnels. Rentrons maintenant un peu plus dans les détails, voici un rapide tour
d'horizon du mal-être, c'est édifiant.
Chez les hommes, le mal-être est plus prononcé dans les secteurs des activités financières (28%), de la
production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau (28%), de l'administration publique (27%), de la
santé et de l'action sociale (26%). Les femmes les plus concernées par le mal-être se retrouvent, elles,
dans le secteur de la production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau (45%), de l'administration
publique (43%), des activités financières (42%) et des services collectifs, sociaux et personnels (40%). Le
niveau de souffrance psychique présente en effet des différences selon les branches professionnelles
C'est l'un des enseignements de l'enquête Samotrace sur la santé mentale au travail. Autre enseignement
à relever : la souffrance mentale affecte plus les femmes que les hommes 37 % d'un côté contre 24 %.
Même chose pour les mauvais traitements : 5 % des salariées interrogées confient avoir été victimes des
violences physiques (contre 3,2 % pour les hommes) ; un peu plus de 16 % d'entre elles ont essuyé des
humiliations ou des menaces (11,6 % chez les hommes).
"Dans le champ de la souffrance mentale, on voit émerger des secteurs - services publics, banque-
finance, énergie - que l'on évoquait traditionnellement peu en matière de santé au travail (...) On
s'attachait davantage aux conditions de travail pénibles physiquement, comme dans certains secteurs
industriels et la construction, qui se montrent moins touchés par le mal-être, même s'ils ne sont pas
épargnés pour autant”, souligne Christine Cohidon, épidémiologiste au département santé-travail de
l'Institut de veille sanitaire (InVS)
 
L’individu au coeur du mal-être
 
Dans la litanie du "toujours plus", ne pas voir ses efforts récompensés est une source importante de mal-
être. Etre en accord avec les manières de faire son travail et donc pouvoir le faire selon les règles du
métier… ce sont là des composantes essentielles d’un rapport au travail satisfaisant.
Le risque supplémentaire de souffrir d’un AVC est de 22% pour les travailleurs sous
pression
En octobre dernier, Leparisien.fr reprenait les conclusions d’une étude dévoilée dans la revue
scientifique Neurology. Pour les femmes, ce risque serait plus élevé, atteignant les 33%.
Des Études et des Statistiques (DARES) sur les conditions de travail font apparaître que plus d’un
employé sur deux travaille dans l’urgence, que 35 % des travailleurs reçoivent des ordres ou indications
contradictoires et qu’un tiers des salariés considèrent leurs relations de travail comme étant des sources
de tension.
La nécessité de se conformer à des objectifs contraires à des valeurs communément partagées, pouvant
aller à l’encontre de ce qui est perçu comme utile à la société, peut mettre en péril la qualité du rapport au
travail chez les salariés. Trop souvent, chacun vit le travail comme un enjeu personnel devant lequel il se
sent démuni.
Ces transformations s'appliquent sur un monde du travail de plus en plus marqué par une
individualisation systématique et une personnalisation de la relation de travail. Ce ne sont plus des
collectifs mais des individus, des personnes, qui se trouvent confrontés à des remises en question du
sens qu'ils donnent à leur travail, aussi bien sa vocation, son utilité jusqu'à sa finalité.
Nous sommes nombreux à attendre de notre patron qu’il nous encourage, nous remercie… Beaucoup de
gens cherchent dans le travail une reconnaissance qu’ils n’ont pas forcément ailleurs. Peut être faut-il
rappeler que nous travaillons à la base pour gagner notre vie. Notre job n’est pas tout ». Travailler, c’est
aussi faire le deuil d’un certain nombre d’idéaux. Parmi eux : le sentiment d’être indispensable. Qui n'a
pas déjà entendu "Personne n’est irremplaçable. Votre entreprise tournera toujours avec quelqu’un
d’autre”. Il est difficile de transformer notre monde professionnel.
 
Que peut-faire le salarié ?
 
L'entreprise est le premier territoire sur lequel le collaborateur doit agir. Un rendez-vous avec le manager
direct, la direction des ressources humaines voire la direction générale s'impose. Il faut tirer le signal
d'alarme !
Le salarié doit pouvoir exprimer avec franchise ses difficultés ressenties. Il faut prendre des décisions
pour y remédier, et les formaliser. Il faut intégrer le médecin du travail dans ce processus, il constitue la
seconde démarche essentielle à mener au sein de l'entreprise.
Quand des manifestations pathologiques liées à une souffrance au travail apparaissent, dans le cas
notamment de symptômes dépressifs, il est indispensable et urgent que le salarié soit accompagné par
un thérapeute. Au final, pas de solutions miracles, mais l'exigence de réactions rapides face à une
souffrance qui doit être prise très au sérieux pour éviter que ses conséquences sur la santé psychique et
physique de la personne ne s'installent parfois durablement. 
Le salarié doit pouvoir exprimer avec franchise ses difficultés ressenties. Il faut prendre des décisions
pour y remédier, et les formaliser. Il faut intégrer le médecin du travail dans ce processus, il constitue la
seconde démarche essentielle à mener au sein de l'entreprise.
Quand des manifestations pathologiques liées à une souffrance au travail apparaissent, dans le cas
notamment de symptômes dépressifs, il est indispensable et urgent que le salarié soit accompagné par
un thérapeute. Au final, pas de solutions miracles, mais l'exigence de réactions rapides face à une
souffrance qui doit être prise très au sérieux pour éviter que ses conséquences sur la santé psychique et
physique de la personne ne s'installent parfois durablement.
 
*Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des
maladies professionnelles (INRS)

Vitaelia - Newlsetter Décembre 2016

 
 
 
 
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