La souffrance au travail, un fléau mal géré par les entreprises

 

01 Novembre2019

« Le salaire de la peine », le livre écrit par Sylvaine Perragin, fait état de 30 000 situations de burn-out, 400 suicides et 4 000 infarctus liés au mal-être professionnel, et plus largement, 3,2 millions de salariés en danger d’épuisement en 2018. Cette psychothérapeute spécialisée dans ce domaine explique les raisons de ce phénomène inquiétant et propose des solutions.

La recherche de la rentabilité maximale à l’origine de la souffrance au travail

Selon Sylvaine Perragin, l’explosion des cas de souffrance au travail est due aux nouvelles exigences de notre société capitaliste. La recherche de la rentabilité maximale a progressivement imposé une culture de gestion au détriment d’une culture de la qualité et aucun secteur n’est épargné. Au cours de cette transformation, les dirigeants, focalisés sur l’atteinte des objectifs commerciaux et financiers, ont négligé la dégradation des conditions de travail.

 
Dans un tel contexte, l’individualisation est exacerbée, la compétition interpersonnelle est permanente. Les séminaires de team building ont beau être tendance, chacun se bat pour lui-même, et le collectif indispensable au succès passe au deuxième rang.
 
La souffrance au travail soulève tout particulièrement le cas des seniors. En raison de cette culture du résultat, les plus de 45 ans, qui soi-disant ne seraient pas à l’aise avec les nouvelles technologies et résistants au changement, seraient peu performants. Dévalorisés, poussés vers la sortie, ils sont démotivés et deviennent amers. Pourtant, ce soit des personnes expérimentées qui devraient transmettre leur expertise aux plus jeunes et accompagner ces derniers. Aussi bien les personnes que l’ensemble de l’organisation sont pénalisés.
 
Prévention des risques insuffisante et gestion inappropriée de la souffrance par les entreprises
 
Concernant l’obligation d’évaluer tous les types de risques liés à leur activité, les entreprises ne sont responsables qu’en cas de drame, comme un suicide. Or, pour la psychothérapeute, la loi devrait également exiger la mise en place de dispositifs préventifs et curatifs.
 
Elle déplore d’ailleurs les efforts pour présenter positivement les situations et répondre à la souffrance par des solutions « fun, cool, ludique ». En effet, la qualité de vie au travail étant le nouveau crédo des spécialistes du RH, des initiatives visant à rendre les collaborateurs plus heureux gagnent en popularité, comme les espaces de détente au bureau, les salles de jeux ou de sport, les terrasses végétalisées, etc. 
 
Sylvaine Perragin parle de « déni de réalité », de « glissement sémantique » dans le domaine des risques psychosociaux, alors que la souffrance est un problème réel et sérieux qui mérite d’être traité comme tel. Dans le même esprit, contraindre les médecins à réduire les arrêts de travail pour limiter les coûts pour la Sécurité sociale pèse également sur derniers. Car ils s’épuisent eux-mêmes face aux nombreuses exigences administratives et à la détresse des malades empêchés de prendre le temps de faire une pause et de se soigner, et qui en arrivent parfois à des extrémités. 
 
Les changements à mettre en œuvre par les entreprises et les salariés
 
Pour Sylvaine Perragin, la réduction de la souffrance au travail passe par un changement d’approche au sein des entreprises afin de renforcer la coopération et la solidarité. Cela implique de supprimer les évaluations individuelles au profit d’objectifs communs, tout en trouvant un moyen de récompenser les collaborateurs les plus performants.
 
Quant aux salariés, elle leur recommande de ne pas rester dans la position de victime, mais d’agir afin de reprendre un peu de contrôle sur leur vie. Malgré l’épuisement, elle leur rappelle qu’il est possible de changer les choses.
 
L’accompagnement d’un professionnel est alors indispensable. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’adresser à un privé, des consultations publiques existent et un site internet dédié, créé par la psychanalyste Marie Pezé, comprend un annuaire de professionnels.
 
L’importance du choix d’un professionnel pour traiter un cas de souffrance au travail 
 
Néanmoins, face à une offre pléthorique, il est essentiel de choisir la bonne personne qui ne cherche pas uniquement à profiter de cette nouvelle activité très rentable. L’expérience et la formation sont des critères clés. En effet, beaucoup de personnes, souvent d’anciennes victimes de souffrance au travail, s’autoproclament coachs sans formation ou après une formation basique très courte. Faute d’expertise, elles ne sont pas capables de gérer des cas complexes, voire d’entendre le récit d’expériences très dures, et se contentent pour beaucoup d’accabler systématiquement le patron.
 
Elle déconseille également les très gros cabinets employant des centaines de consultants qui vendent principalement leurs services aux entreprises et peuvent à la fois proposer des formations pour piloter un plan de licenciement, organiser des séminaires de cohésion et se positionner comme accompagnateur de salariés souffrant de stress professionnel. Une offre paradoxale que la psychothérapeute juge contraire à l’éthique et dont elle recommande de se méfier. D’autant que dans ces grandes structures, les consultants sont eux-mêmes soumis à une très forte pression du résultat… source de mal-être et d’épuisement.
 

 

 
 
 
 
> Voir toutes les actualités
 

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

23 rue Gambetta
93400 Saint-Ouen

01 44 09 70 44

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

23 rue Gambetta
93400 Saint-Ouen

01 44 09 70 44