La loi El Khomri inquiète

 

01 Juin2016

Pour de nombreux médecins du travail, le projet de loi actuellement à l’étude ne permet plus aux médecins du travail de témoigner de la réalité de ce qui se passe dans les entreprises.

 
Selon la CFE-CGC santé, « la loi El Khomri dans son chapitre 5 démantèle la possibilité des salariés de contacter facilement le médecin du travail et donc de lui signaler leurs problèmes comme les nouvelles maladies telle que le burn-out, le harcèlement, les risques psychosociaux, les effets non encore reconnus de certains produits chimiques (nanomatériaux, pesticides, rayonnement…) ». Par ailleurs, le texte de loi supprimerait le premier contact par la suppression de la visite d’embauche, instaurerait un système de suivi qui sera sous l’emprise des directions patronales pour organiser un contact avec les salariés tous les cinq ans.
 
Une médecine du travail à 2 vitesses
Autre reproche fait au texte : les médecins du travail ne verront que les sujets à risque pour eux-mêmes mais aussi, et c’est la nouveauté, pour la sécurité du tiers, c’est-à-dire des clients, des passants pour peu qu’ils soient dans l’environnement proche. Mais la fédération n’est pas la seule à monter au créneau. D’autres médecins du travail reprochent au texte de laisser aux employeurs la gestion des services de santé du travail. Ils dénoncent également le fait que ce texte créerait une médecine du travail à deux vitesses, avec d’un côté les salariés sur des postes de sécurité ou à risque et les autres. Les salariés sur ces postes à risque auront accès à un médecin du travail qui va émettre une fiche d’aptitude. Pour les autres populations qui ne sont pas à risque, ou en tout cas qui ne sont pas à risques visibles, comme les cadres, les techniciens, les personnels des hôpitaux, etc., ils n’auront pas accès au médecin du travail en première intention.
 
Pour : Gérald Demortière, médecin coordinateur chez Ametif santé au travail
« En service de santé au travail interentreprises combien de médecins peuvent encore remplir la formalité des visites d’embauche et périodiques obligatoires ? Depuis 5 ans, nous avons l’opportunité d’animer et de coordonner une équipe pluridisciplinaire, ce qui nous permet un recentrage sur notre mission de spécialiste plus attractive pour les jeunes internes. Il est désormais possible de déléguer la veille clinique à des infirmiers eux-mêmes spécialisés dans le cadre de protocoles validés avec « en prime » l’appui d’IPRP qui renforcent nos moyens d’action en milieu de travail.»
 
Contre : Bernard Salengro, médecin du travail et membre de la CFE-CGC
« Ce qu’envisage le projet de loi El Khomri pour la médecine du travail ne va pas du tout dans le bon sens. Les médecins du travail ne vont plus voir de manière régulière les salariés. Ils n’auront plus ce contact privilégié avec les travailleurs qui leur permet de détecter certains problèmes comme les RPS. Avec ce projet, le médecin est perçu clairement comme un pompier. Il viendra intervenir quand il sera trop tard. C’est symptomatique de la volonté des pouvoirs publics de détruire la médecine du travail, de casser le système… »

Pic Magazine - mai/juin 2016

 
 
 
 
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