Horaires atypiques - Des rythmes de travail néfastes pour la santé

 

01 Février2019

Bien que très répandus dans notre société, le travail de nuit et le travail posté ne sont pas sans risques pour la santé des salariés qui y sont soumis. Outre les conséquences rapidement visibles (manque de sommeil, fatigue chronique, décalage par rapport aux rythmes sociaux...), des effets peuvent apparaître à long terme : obésité, diabète, cancer, hypertension... Les mécanismes physiologiques en jeu sont de mieux en mieux connus. Des actions de prévention et de réorganisation du travail peuvent par conséquent être mises en oeuvre dans les entreprises pour en limiter les effets. De plus en plus d'entreprises se penchent d'ailleurs sur les façons de réorganiser les horaires de travail ou de limiter les effets de ces horaires sur l'organisme des salariés.

 
Travailler la nuit, le week-end, en horaires postés (3x8, 4x8, 2x12...), en horaires fractionnés avec un début tôt le matin et une fin tard le soir est le lot de nombreux salariés en France. Selon la Dares, ils sont plus de 40 % à être concernés par le travail en horaires atypiques, soit plus de dix millions de personnes. Il s'agit de salariés soumis à des horaires de travail sortant de la semaine type de cinq jours du lundi au vendredi entre 7h et 20h, suivis de deux jours de repos consécutifs.
 
Parmi ces diverses organisations, le travail de nuit et le travail posté sont reconnus comme facteurs de pénibilité. Outre des effets immédiats - perturbation du sommeil, fatigue, troubles de la vigilance et donc potentiels risques d'accidents - ces rythmes de travail peuvent provoquer à long terme des effets sur la santé physique et sur la santé mentale (stress, irritabilité, troubles de la mémoire et de la concentration, etc.).
 
Pour limiter ces effets sur l'organisme, les premières questions à se poser sont :
  • peut-on faire autrement que travailler la nuit ?
  • si non, peut-on agir sur le système horaire pour limiter le risque de désynchronisation et la perturbation du sommeil ? Ou, à défaut, agir sur le contenu du travail et sur les conditions de travail ?
  • et si non, comment aider les salariés à gérer au mieux leur sommeil et leur alimentation ?
 
Aménager le système horaire
 
La première action de prévention est d'éviter le recours au travail de nuit. C'est l'orientation adoptée par le secteur de la propreté depuis une dizaine d'années, qui encourage le nettoyage des bureaux en journée. Mais dans l'industrie, le travail de nuit est parfois employé pour rentabiliser les machines en les faisant tourner à temps plein.
 
Néanmoins, certaines activités ne peuvent se passer de présence humaine continue. C'est le cas des secteurs assurant la continuité de la vie sociale (hôtellerie-restauration, transports terrestres, aériens, ferroviaires, maritimes, de marchandises et de voyageurs), la délivrance de soins (médecins, infirmiers, ambulanciers, aides-soignants), la protection et la sécurité des personnes et des biens (militaires, policiers, pompiers, agents de gardiennage), ainsi que certains impératifs de production industrielle.
 
Faute de pouvoir supprimer le travail de nuit, agir sur le système horaire peut contribuer à limiter la désynchronisation interne et la perturbation du sommeil. Il est ainsi préconisé de faire des rotations de deux ou trois nuits maximum. Jusqu'à trois nuits consécutives, l'horloge biologique n'a pas le temps de se dérégler.
 
Autres pistes d'action envisageables :
  • ajuster la durée du poste de nuit en fonction de la pénibilité des tâches,
  • adapter la nature des tâches selon les heures de vigilance (en programmant par exemple les opérations les plus sollicitantes en début de nuit),
  • insérer des pauses appropriées, organiser des temps de transmission suffisants entre les équipes,
  • favoriser la dimension collective du travail...
 
Pour le travail posté, il est recommandé de retarder le plus possible l'heure de prise de poste en équipe du matin, si possible après 6h du matin. Le plus souvent dans les organisations en 3x8, l'équipe du matin commence à 5h. Pour les personnes habitant loin de leur lieu de travail, il n'est pas rare de devoir se lever à 3h ou 3h30, ce qui interrompt les cycles de sommeil, notamment la phase de sommeil paradoxal propice à la récupération psychique.
 
Plusieurs niveaux de prévention
 
Réfléchir à des aménagements des horaires de travail ne peut être fructueux dans une entreprise que si une véritable concertation de toutes les catégories de personnel est organisée, en prenant le temps d'identifier les bénéfices et les pertes pour les salariés. Il faut notamment veiller à ce que l'aménagement horaire interfère le moins possible avec la vie familiale et sociale. Car toucher aux rythmes de travail, c'est toucher à la vie privée. L'aspect financier est aussi un critère à prendre en compte : les salariés sont rarement prêts à renoncer aux primes de nuit, ce qui peut être un frein à la prévention. La santé doit donc être placée au centre des débats. Le travail de nuit illustre parfaitement la difficulté à faire de la prévention sur un risque dont les effets sur la santé sont différés alors que les bénéfices matériels (salaire, prime, gain de temps en journée, garde des enfants...) sont immédiats et appréciés.
 
Enfin, à défaut de pouvoir agir sur les horaires de travail ou sur l'organisation des tâches, la prévention consiste à informer et à sensibiliser les salariés à l'hygiène de sommeil et à la diététique.
 
Parmi les règles conseillées :
  • maintenir au moins 7h de sommeil par 24h, avec des siestes si besoin,
  • conserver trois repas par 24h avec une collation la nuit,
  • limiter la consommation de caféine dans les 6h précédant l'horaire du coucher,
  • pratiquer une activité physique régulière.
 
Un suivi médical régulier est aussi nécessaire avec une périodicité de visites médicales n'excédant pas trois ans. Enfin, au vu des nombreux effets sur la santé identifiés et en l'absence de seuil d'exposition déterminé par les scientifiques, une réflexion sur les parcours professionnels des salariés concernés doit être entreprise avec les ressources humaines au fil de l'avancement des carrières.
 
---Les effets du travail de nuit sur l'organisme humain (source Anses)---
 
  • Effets avérés : diminution de la qualité et de la quantité de sommeil, somnolence, risque de syndrome métabolique (troubles physiologiques et biochimiques pouvant entraîner l'apparition de diabète de type 2, d'hypertension artérielle, l'augmentation du taux de cholestérol...).
  • Effets probables : performances cognitives amoindries, santé psychique dégradée, obésité et surpoids, diabète, maladies coronariennes (ischémie coronaire et infarctus du myocarde), cancer.
  • Effets possibles : anomalies des lipides sanguins, risque d'accident vasculaire cérébral (AVC).
 
Par ailleurs, du fait de la différence de rythme du travailleur par rapport aux rythmes sociétaux, le travail posté ou de nuit peut limiter la vie sociale et avoir des répercussions sur la vie familiale.
 
La lettre d'information de l'INRS - janvier 2019
 
 
 
 
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