Faire vivre son document unique pour faire évoluer ses pratiques

 

01 Mars2016

CONFRONTÉE AUX PROBLÉMATIQUES de manutentions et aux risques liés aux ambiances thermiques et sonores, l’unité centrale de restauration (UCR) de l’hôpital Cochin mise sur la formation de ses agents et l’acquisition d’équipements pour améliorer les conditions de travail. Une démarche en continu.
 
C’est un grand cube gris posé au beau milieu de l’hôpital Cochin à Paris. À l’intérieur, pas moins de 3 000 m2 répartis sur trois étages sont consacrés à la confection de 7 500 repas par jour à destination du personnel et des patients de plusieurs hôpitaux de l’Assistance publiquehôpitaux de Paris (Hôtel Dieu,  Cochin, Necker, Val de Grâce, Raymond-Poincaré, Ambroise- Paré et Sainte-Périne). Pour tenir la cadence, plus de 160 agents se relaient de 6 h à 21 h 45. Les plats sont préparés dans la cuisine de l’unité centrale de restauration (UCR) puis envoyés au restaurant du personnel ou bien déposés sur des plateaux-repas avant d’être acheminés dans les différents services.
« Notre service de restauration collective fait appel à de nombreux métiers allant de la logistique à l’administratif, en passant par la cuisine, le ménage et la confection de plateaux-repas, explique Didier Clément, ingénieur restauration du groupe hospitalier. Face à autant de situations de travail différentes, nous nous devons de faire vivre notre document unique pour prévenir au mieux les risques professionnels. »
Les troubles musculosquelettiques (TMS) liés aux manutentions figurent parmi les principaux risques rencontrés. « Je souffre parfois du dos et des genoux à force d’être debout », assure Nouanemala, un agent de confection de plateaux-repas. Marie-Antoinette, un agent de lavage, fait le même constat : « Il nous arrive de nous baisser, de porter de la vaisselle, sans compter les torsions, ce qui se révèle parfois douloureux. » Face à ces risques, l’UCR a acquis plusieurs équipements visant à limiter les efforts. Des tabourets assis-debout ont ainsi été installés dans la salle de confection des plateaux-repas, où l’essentiel de l’activité se fait debout. « Dès que je le peux, je m’assieds, confie Tounessia, une autre salariée du service. Mon siège me permet d’être en mouvement tout en restant assise dans certains cas, c’est vraiment reposant. » Des chariots à niveau constant pour les assiettes équipent également le restaurant du personnel, ce qui évite aux agents de restauration de se baisser. Un investissement conséquent a par ailleurs été consacré au remplacement des deux machines à laver industrielles. Grâce à ces dispositifs, les anciennes opérations de trempage, très lourdes en manutention et réalisées dans des ambiances particulièrement humides, ont été supprimées.
Enfin, les anciens sols fissurés ont été rénovés avec du carrelage antidérapant, facilitant ainsi la manutention des chariots.
Le référent TMS du groupe hospitalier a également ciblé ses actions sur l’équipe de restauration. À partir des déclarations d’accidents du travail, il fait des analyses de la situation, élabore un arbre des causes, donne des recommandations ou des préconisations, et propose des plans d’actions. « Il a également réalisé pour les agents de restauration un cahier des charges de prestations de formation à la manutention de charges inertes, de stérilisation et de transport de l’hôpital », ajoute Catherine Gaget, conseillère en prévention des risques professionnels. Les agents du service de restauration pourront être ainsi formés en 2016.
 
Action de sensibilisation au bruit
D’autres difficultés sont liées aux ambiances thermiques et sonores. Dans la salle de confection des plateaux-repas par exemple, la température ne dépasse pas les 11 °C. Les salariés ont désormais à leur disposition des gilets anti-froid, des tours de cou et des gants en coton. En outre, l’organisation du travail a été pensée pour qu’ils ne restent qu’une heure et demie par jour dans cette salle.
De leur côté, les agents travaillant dans la laverie du restaurant du personnel sont exposés à des chaleurs importantes en été. Une étude a été conduite sur le système de ventilation et une solution a été trouvée pour limiter cette hausse de température en augmentant le débit d’air prélevé.
« Cette année, une action de sensibilisation au bruit a été conduite en collaboration avec le service de santé au travail, poursuit Nadjati Aboudou, la responsable qualité. L’objectif était d’impliquer les agents et de recueillir leurs demandes en matière de protection auditive notamment. Certains se sont ainsi prononcés pour des bouchons d’oreilles, d’autres pour des casques. Le risque, en imposant des équipements, c’est que ceux-ci ne soient pas portés.
D’où l’importance d’écouter les premiers intéressés. » Un appel d’offres est actuellement en cours pour l’achat de ces protections auditives.
« Avec le recul, je constate qu’audelà des questions de prévention, ces différentes actions ont suscité des échanges et redynamisé les équipes », estime Didier Clément. En 2012, le lancement d’une étude centrée sur les risques psychosociaux (RPS) agit comme un déclencheur. « Notre service, considéré comme sensible, a commencé à être montré du doigt, confie Didier Clément. Mais au fur et à mesure des entretiens, les salariés se sont sentis écoutés et ont pu exprimer leurs difficultés. En parallèle, la direction nous a soutenus. Au final, ces réflexions ont permis d’identifier les points difficiles et des pistes de progrès. » 
 
C.D.
Travail & sécurité – février 2016
 
 
 
 
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