Conduites addictives - L'entreprise a un rôle à jouer

 

01 Mai2018

Cause majeure de mortalité prématurée en France, la consommation de substances psychoactives est un sujet qui se retrouve inévitablement dans le monde du travail. Il est encore trop souvent traité en entreprise de façon individuelle, sous le prisme médical ou de la sanction disciplinaire. Les pratiques addictives présentent des risques pour la santé et la sécurité de la personne consommatrice et de son entourage. Si elles sont d'origine multi-causale, des facteurs professionnels peuvent contribuer à les déclencher, les maintenir ou les aggraver. L'entreprise a un rôle à jouer pour évaluer et prévenir ces facteurs professionnels, en regardant comment des consommations peuvent entraîner des effets sur le travail et comment l'organisation du travail peut induire des consommations.

 
La prévention des consommations de substances psychoactives (SPA) en milieu professionnel se heurte à de multiples arguments : « c'est une affaire privée, pas celle de l'entreprise », « il s'agit de comportements individuels », « ça relève de la médecine »... Les responsables d'entreprises invoquent le plus souvent le droit ou le respect de la vie privée, de peur de mettre le doigt dans un engrenage incontrôlable. Pourtant, les enquêtes statistiques le montrent : les substances psychoactives - ou leurs effets - sont présentes dans la sphère professionnelle. Si les pratiques addictives ont une origine multi-causale dont des facteurs liés à la vie privée, il est indéniable que des facteurs professionnels peuvent contribuer à déclencher, maintenir ou aggraver des conduites addictives : risque physique, stress, horaires atypiques, chaleur ou froid, mauvaises relations dans le travail (intimidation, harcèlement, absence de reconnaissance), monotonie de l'activité...
 
Le sujet préoccupe le monde médical depuis plusieurs décennies. Mais la prise de conscience du milieu professionnel est récente. Le tabou qu'il constitue n'est pas encore levé. L'entreprise peut craindre d'être responsable de questions qui la dépassent. Or sans être responsable de tout, elle a un rôle à jouer dans la prévention. À commencer par évaluer et prévenir les facteurs professionnels qui peuvent être à l'origine de conduites addictives. Il est néanmoins important d'aborder le sujet dans les deux sens : comment des consommations peuvent entraîner des effets sur le travail et comment l'organisation du travail peut induire des consommations. C'est pourquoi il est nécessaire de définir les rôles de chacun dans l'entreprise, d'organiser l'articulation entre acteurs du monde du travail et acteurs de l'addictologie. Une politique de prévention des conduites addictives doit être assumée par l'entreprise, portée par ses dirigeants. En commençant par changer les représentations de tous les acteurs de l'entreprise vis-à-vis des consommations de SPA : dirigeants, DRH, encadrement, membres de CHSCT (ou futurs CSE), syndicats, représentants du personnel, préventeurs... Et en mettant en place une prévention primaire qui agisse sur les facteurs professionnels des conduites addictives : modalités du management, organisation et conditions de travail, rythmes... Le tout en veillant à agir dans l'optique d'aider le salarié, sans approche répressive et sans stigmatisation.
 
L'entreprise, lieu de prévention
 
Les pratiques addictives sont le résultat de la rencontre entre une personne, une substance et un contexte (familial, social, professionnel). En milieu professionnel, les principales SPA rencontrées sont le tabac et l'alcool. On trouve ensuite les médicaments psychotropes, le cannabis, la cocaïne. Plusieurs études ont mis en évidence des consommations accrues dans certains secteurs d'activité : agriculture, marine civile, BTP, arts et spectacles, hôtellerie-restauration, transports. Mais quasiment tous sont concernés, de la communication au secteur bancaire, de l'agroalimentaire au service public en passant par le monde juridique ou l'armée.
 
La consommation des SPA en milieu de travail répond à différents usages :
  • le rôle dopant ou stimulant, pour parvenir à réaliser les tâches attendues, pour tenir le rythme ;
  • le rôle anesthésiant pour se détendre face à la pression ou au stress, réduire la fatigue ou la douleur physique, mieux récupérer et se remettre des effets du travail ;
  • le rôle social et festif contribuant à l'intégration dans une équipe.
Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées, mais avec des disparités selon les secteurs d'activité et le sexe. L'accessibilité aux produits peut également jouer : les serveurs en bars-restaurants sont à proximité d'alcool, le personnel hospitalier en contact avec des médicaments par exemple. Usages épisodiques, nocifs, alcoolisation ponctuelle importante, dépendance... les degrés de consommation sont multiples. Les dépendances sont la partie émergée de l'iceberg en matière de consommation de SPA.
 
Les services de santé au travail ont une mission légale de conseil auprès des employeurs, des salariés et de leurs représentants pour prévenir la consommation de SPA sur le lieu de travail. Les médecins du travail deviennent des acteurs centraux de la prévention en encourageant les entreprises à aborder la consommation d'alcool et à mener des actions collectives de prévention. Néanmoins, l'essentiel reste à faire en matière de prévention des addictions en milieu professionnel, en particulier dans les TPE qui en sont au tout début sur le sujet. Mais une mobilisation des différents acteurs commence à se construire pour structurer les démarches.
 
 
Définition
Une addiction correspond au désir puissant et permanent de continuer la consommation d'un produit malgré toutes les complications engendrées (santé, famille, relations sociales, travail...). Dans la population, il existe plusieurs modes de consommations de SPA (tabac, alcool, drogues...) qui vont de l'usage simple (absence de complication immédiate) à la dépendance. Ces différents modes sont regroupés sous le concept de « pratiques addictives », ce qui permet d'aborder leur prévention de manière globale.
 
 
La lettre d'information de l'INRS - avril 2018
 
 
 
 
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