Comment nos voisins mesurent la pénibilité du travail

 

01 Janvier2015

En France, la mesure de la pénibilité au travail, salarié par salarié, provoque la colère des patrons. Ailleurs en Europe, elle est prise en compte, mais métier par métier.

Le compte pénibilité, qui entrera en vigueur au 1er janvier, provoque toujours la colère des chefs d'entreprise et sème le trouble au sein des organisations patronales.
Thierry Mandon, le secrétaire d'Etat à la simplification, expliquait il y a quelques jours que le compte pénibilité existait presque partout en Europe. Nos voisins européens ont en effet des dispositifs relatifs à la pénibilité, mais rien qui ne ressemble à un compte personnel qui cumule des points. Une nuance de taille.

La retraite anticipée pour certains métiers

Le principe d'octroyer des droits supplémentaires aux salariés qui ont exercé un emploi pénible, en particulier à l'âge de la retraite, existe dans beaucoup de pays. 17 Etats membres de l'OCDE ont des régimes dérogatoires pour les métiers considérés comme pénibles. Le dispositif le plus courant est la retraite anticipée.

La plupart de nos voisins considèrent aussi qu'exercer des tâches pénibles est un facteur d'inégalité. Leurs systèmes de retraite prennent en compte ce facteur mais le plus souvent de façon collective, par métiers ou par branches. C'est le cas de l'Allemagne ou de certains pays scandinaves.

Ceux qui travaillent dans les mines, par exemple, ont droit à un départ anticipé. Il s'agit alors de régimes spéciaux à l'échelle d'une profession. En Italie, depuis 2007, les travailleurs qui ont exercé un métier pénible pendant au moins la moitié de leur carrière, peuvent partir à la retraite trois ans avant l'âge légal, qui est de 60 ans, à condition d'avoir cotisé au moins 35 ans.

L'Allemagne renonce à la prise en compte individuelle

Pour cela, il a fallu dresser une liste détaillée des professions considérées comme pénibles. Ont été retenu le travail de nuit, le travail à la chaine, les travaux dans les mines, les tunnels, l'extraction de l'amiante et la conduite des autobus.

Mais les tentatives de prise en compte individuelle de la pénibilité ont été abandonnées. Les Allemands notamment avaient tenté de définir la pénibilité salarié par salarié, mais ils y ont renoncé, estimant que c'était trop compliqué. Ils ont finalement décidé de tout faire pour limiter effectivement la pénibilité, plutôt que de l’indemniser.

L'autre option largement privilégiée, notamment dans les pays du Nord, reste la prévention, ainsi que le reclassement. C'est-à-dire que les salariés qui ont occupé des emplois rudes sont orientés vers des métiers moins pénibles grâce à la formation.


Écrit par Isabelle Gollentz avec N.G.
BFM BUSINESS - 19/12/2014

 
 
 
 
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