Chutes de plain-pied : pas si anodines que ça !

 

01 Août2018

On croit encore à tort que la glissade, la chute et autres gamelles sont des accidents bénins, souvent sans conséquence. Rien n’est plus faux. Il faut appréhender les chutes de plain-pied comme elles doivent l’être : un vrai risque professionnel et protéger ses collaborateurs en conséquence.

 
La Commission européenne définit les chutes plain-pied comme « les glissades, trébuchements, faux-pas et autres pertes d’équilibre sur une surface « plane » […] y compris si la victime a pu rétablir son équilibre et qu’il n’y a pas, à proprement parler, chute. Ne sont prises en considération que les surfaces ne présentant aucune rupture de niveau ou bien des ruptures de niveau réduites (trottoir, petites marches, plan incliné, etc.) ». Ce n’est pas anodin. D’autant plus qu’elles sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le croit et à l’origine de nombreux accidents du travail. Ainsi, comme le rappelle l’INRS, « tous les secteurs d’activité et toutes les entreprises sont concernées par les risques liés aux chutes de plain-pied. Les statistiques de sinistralité confirment ce constat ». Par exemple, et selon les dernières données statistiques disponibles, les chutes de plain-pied constituaient la 2e cause d’accident du travail en 1er règlement avec au moins 4 jours d’arrêt. Elles représentaient à elles seules 13% des accidents recensés dans les entreprises françaises soit plus de 80 000 cas. Or, ajoute l’INRS, « ces accidents sont souvent perçus comme bénins », alors qu’ils « peuvent en réalité occasionner des lésions très graves allant jusqu’à des incapacités permanentes, voire décès ». 
 
Des caractéristiques spécifiques
On rencontre toujours les mêmes facteurs spécifiques lors d’une chute de plain-pied. Et ces facteurs doivent donc être pris en compte dans le cadre des mesures préventives contre les chutes de plain-pied. La chute de plain-pied peut être provoquée par un élément non dangereux en soi, associé à un environnement de travail non maîtrisés et aménagé et par le fait que l’attention du salarié peut ne pas avoir été suffisante au moment de l’accident et de son déplacement. Pour l’INRS, le danger de chute de plain-pied est donc rarement manifeste. « Considérés indépendamment,  les éléments qui vont provoquer l’accident paraissent inoffensifs (objets au sol…), voire font partie intégrante de l’environnement physique de travail (variation de niveau du sol…). Ils ne sont pas manifestement dangereux comme peuvent l’être un outil en mouvement, un produit corrosif, ou une source de haute tension… Le salarié ne sera donc pas « naturellement » alerté ». 
Les chutes de plain-pied arrivent donc lors des déplacements des salariés et sont le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs pouvant être liées à l’espace de travail, à l’organisation, à l’ambiance physique ou encore à l’activité des travailleurs.
 
Une démarche de prévention globale
La prévention des chutes de plain-pied doit s’attacher à appréhender les situations de travail dans leur globalité et porter simultanément sur plusieurs facteurs liés à : 
- l’espace de travail
- l’ambiance physique susceptible d’influer sur les capacités d’attention ;
- l’activité du salarié et l’organisation du travail.
Il faut d’abord veiller à mettre en place des voies et/ou zones de circulation dédiées au trajet des opérateurs afin de leur permettre de les gérer de manière spécifique : suppression des encombrements au sol, des obstacles, aspérités, trous… Il faut éviter tout dénivelé et si on ne peut pas, il faut les signaler visuellement. Par ailleurs, on doit équiper ces zones avec des rambardes ou des mains-courantes. « Les aspects autour des équipements doivent être configurés de façon à permettre une utilisation aisée pour la réalisation des tâches, en tenant compte des conditions de manipulation des pièces et des zones de stockage temporaire, explique l’INRS. Les situations non permanentes, telles que la maintenance de l’équipement, doivent également être pris en compte dans l’analyse. »
L’action sur les sols vise à réduire les risques de glissade. Elle est encadrée par des textes normatifs et réglementaires.
Le risque de glissade est accentué est accentué par un faible coefficient de frottement entre la semelle de la chaussure et le sol. Ce coefficient peut être diminué par la présence d’un agit comme « lubrifiant » entre ces deux surfaces. Il faut donc nettoyer régulièrement les sols et de polluant qui manière efficace. Pour les zones où le sol est gras, l’INRS recommande de « mettre en place des revêtements de sol antidérapants. Les locaux agroalimentaires sont particulièrement concernés. Le réseau prévention a édicté des recommandations pour le choix de ces revêtements » et insiste sur le fait que la « transition entre deux sols de glissance très différentes est un facteur de chute à éviter ou, à défaut, à prendre en considération ». Il faut évidemment veiller à ce que les zones à risque soient bien éclairées.
 
Agir sur l’organisation du travail
Un objectif de la prévention doit être aussi de réduire la fréquence des situations d’urgence qui peuvent amener un salarié à se précipiter lors de ses déplacements et monopolisent son attention. Il faut pour cela mettre en place par exemple une organisation permettant aux salariés d’anticiper leurs tâches. L’efficacité de nombreuses actions est grandement améliorée par leur préparation : mise à disposition de moyens de nettoyage (pelles, balais, eau, sable…) dans les zones de circulation à risque, accès facilité aux moyens de signalisations temporaires, mise en place de procédures sur les actions de rangement et de nettoyage… L’évaluation des risques permet d’identifier les situations à risque. L’analyse des tâches permet ensuite de caractériser les paramètres sur lesquels il est possible d’agir. Il peut s’agit par exemple de facteurs diminuant la visibilité du salarié (port de charges ou obstacles obstruant le champ de vision), d’actions nécessitant une adhérence au sol importante (tirer ou pousser des charges) ou au contraire amenant une perte d’adhérence (besoin d’accès à des éléments surélevés), de la réalisation de tâches demandant une sollicitation cognitive importante (actions simultanées, adaptation aux aléas).
La prévention durable des chutes de plain-pied passe également par des actions de sensibilisation et d’information des salariés. On peut, pour sensibiliser le personnel, utiliser des affiches, des films… Enfin, l’entreprise peut avoir recours à des équipements de protection individuelle comme par exemple des chaussures antidérapantes, ce qui ne se substitue pas à la muse en œuvre d’actions de protection collective, comme des revêtements de sols appropriés.
 
PIC Magazine – juillet/août 2018
 
 
 
 
> Voir toutes les actualités
 

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

4 cité Paradis
75010 Paris

01 44 09 70 44

Contactez-nous

Marjorie Dumont-Crisolago

Présidente en charge de la direction commerciale et marketing
Email : md@preventech.net

Laura Gaspard

Chargée de communication
Email : lg@preventech.net

PREVENTECH CONSULTING

4 cité Paradis
75010 Paris

01 44 09 70 44